Anxiété de séparation chez l'adulte : une catégorie longtemps refusée

L'anxiété de séparation a été classée pendant des décennies parmi les troubles de l'enfance. Les classifications actuelles ne posent plus de limite d'âge, et cette évolution repose sur des travaux datés.

L'anxiété de séparation désigne une anxiété excessive et persistante liée à la séparation d'avec des personnes auxquelles on est attaché, ou à l'anticipation de cette séparation. Elle porte sur la perte de ces personnes, sur un malheur qui pourrait leur arriver, ou sur l'éloignement lui-même.

Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical. Elle ne remplace pas une consultation, ne comporte aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir. Elle ne propose non plus aucun test et aucune grille d'auto-évaluation : les critères diagnostiques existent, ils sont nommés ici, et ils s'appliquent dans un entretien clinique, pas sur une page web.

Ce que la classification en a longtemps fait

C'est le point qui explique la recherche anxiété de séparation chez l'adulte, et il est documenté.

Une revue publiée dans Clinical Psychology Review en 2013, réalisée pour le compte du groupe de travail sur les troubles anxieux de la cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5), en retrace l'histoire :

Ce que cela signifie pour un lecteur : une anxiété de séparation d'apparition adulte n'était pas rare avant 2013 ; elle était simplement inclassable. Les documents antérieurs à cette révision décrivent donc une catégorie qui n'existe plus sous cette forme.

La même revue précise ce que l'état des connaissances permettait et ne permettait pas de dire à cette date :

Ce que cette fiche en retient : la catégorie adulte est reconnue, et son étude reste récente. Un document qui la présenterait comme solidement caractérisée irait au-delà de ce que la littérature citée établit.

Où la catégorie se situe aujourd'hui

L'Organisation mondiale de la santé range le trouble d'anxiété de séparation parmi les troubles anxieux, dans une fiche d'information mise à jour le 15 septembre 2026 qui en nomme sept : trouble anxieux généralisé, trouble panique, trouble d'anxiété sociale, agoraphobie, trouble d'anxiété de séparation, phobies spécifiques et mutisme sélectif. Aucune de ces catégories n'y est présentée comme réservée à une tranche d'âge.

Ce que l'OMS publie sur les troubles anxieuxValeur, en 2023
Personnes concernées dans le monde470 millions
Part de la population mondiale5,8 %
Rangles plus fréquents de tous les troubles mentaux
Part des personnes concernées recevant un traitement, quel qu'il soit27,6 %, soit environ une sur quatre

Ce que ces chiffres ne sont pas : un élément de diagnostic individuel. Ce sont des estimations de population.

Ce que l'évaluation clinique cherche à établir

L'entretien porte sur l'objet de l'anxiété — qui, quelle séparation, quelle anticipation —, sur sa persistance, sur le retentissement dans la vie quotidienne, professionnelle et relationnelle, et sur son évolution dans le temps. Il cherche aussi ce qui peut coexister : les troubles anxieux sont fréquemment associés entre eux, et la revue de 2013 souligne précisément cette comorbidité.

La distinction avec les autres catégories tient à ce qui est craint :

Les autres repères de la rubrique sont réunis dans la section psychiatrie et addictions.

Questions fréquentes

L'anxiété de séparation existe-t-elle chez l'adulte ?

Oui, et les classifications actuelles ne posent plus de limite d'âge. Une revue parue dans Clinical Psychology Review en 2013, conduite pour le groupe de travail du DSM-5, conclut que l'anxiété de séparation à l'âge adulte est fréquente, souvent comorbide et invalidante, et que le critère d'âge de début antérieurement exigé n'était pas soutenu par les données.

Pourquoi était-elle réservée à l'enfant ?

Parce que le DSM-IV la classait parmi les troubles habituellement diagnostiqués pour la première fois durant l'enfance ou l'adolescence, et n'autorisait son diagnostic chez l'adulte que si le début se situait avant 18 ans. C'était une convention de classification, pas un constat clinique.

Cette fiche propose-t-elle un test ?

Non, et aucune page de ce site n'en propose. Les critères diagnostiques sont publiés par les classifications internationales et s'appliquent dans un entretien clinique. Une grille remplie seul ne produit pas un diagnostic, et ce n'est pas l'usage auquel ces critères sont destinés.

Quelle différence avec un trouble anxieux généralisé ?

L'objet. L'anxiété de séparation porte sur la séparation d'avec des figures d'attachement ou sur son anticipation ; dans le trouble anxieux généralisé, l'inquiétude est diffuse et ne se rapporte pas à un objet unique. Les deux peuvent coexister.

Combien de personnes sont concernées par un trouble anxieux ?

Selon une fiche d'information de l'Organisation mondiale de la santé mise à jour le 15 septembre 2026, 470 millions de personnes vivaient avec un trouble anxieux en 2023, soit 5,8 % de la population mondiale, et environ une sur quatre — 27,6 % — recevait un traitement, quel qu'il soit.