Psychiatrie et addictions : ce que chaque catégorie recouvre

Neuf fiches, dont sept portent sur un trouble anxieux. Le plan de la rubrique suit ce à quoi la peur s'attache — un objet, le regard d'autrui, une séparation, une attaque, un événement — parce que c'est cela qui sépare des catégories que le langage courant mélange.

La rubrique réunit les fiches consacrées aux catégories diagnostiques de la psychiatrie présentes sur ce site : les troubles anxieux et apparentés, le trouble de l'adaptation, et le tabac du côté des addictions. Ce sont, plus que partout ailleurs, des fiches de vocabulaire : ce qui fait qu'une peur devient une phobie, ce qu'une classification retient et ce qu'elle laisse dehors, ce qu'un mot d'usage courant recouvre réellement.

Ces pages sont des repères de lecture et non un avis médical. Elles ne remplacent aucune consultation, ne comportent aucune posologie et n'indiquent aucune conduite à tenir ; aucune ne permet de poser un diagnostic, ni pour soi ni pour quelqu'un d'autre. Cette évaluation revient au professionnel consulté.

Le plan : ce à quoi la peur s'attache

Ce qui déclencheFiche
Un objet ou une situation circonscritsphobie spécifique
Le regard et l'évaluation d'autruitrouble d'anxiété sociale
L'éloignement d'une figure d'attachementanxiété de séparation
La survenue d'une nouvelle attaquetrouble panique, et l'anxiété anticipatoire entre les attaques
Une inquiétude diffuse, sans objet uniquetrouble anxieux généralisé
Des pensées intrusives, neutralisées par des rituelstrouble obsessionnel compulsif
Un événement traumatique vécutrouble de stress post-traumatique
Un facteur de stress identifiable et récenttrouble de l'adaptation

Cette colonne de gauche est la seule chose qui distingue réellement ces catégories. L'intensité ne les sépare pas : un trouble anxieux « grave » n'existe pas comme diagnostic, la sévérité étant une dimension et non une catégorie. La durée et le retentissement interviennent ensuite, dans les critères de chaque entité, avec la source qui les publie.

Trois pièges de vocabulaire propres à cette rubrique

  • Un mot courant n'est pas une catégorie. « Angoisse post-traumatique », « dépression nerveuse », « crise d'angoisse » sont des expressions d'usage ; les classifications nomment autre chose, et la fiche part du mot cherché pour le rattacher à la catégorie qui existe.
  • Une classification n'en vaut pas une autre. Deux systèmes de référence coexistent, et ils ne décrivent pas toujours la même chose : le trouble de l'adaptation en est l'exemple le plus net, avec deux définitions qui divergent. Les fiches nomment le système dont elles parlent.
  • Une évolution nosographique n'est pas un détail d'histoire. L'anxiété de séparation a longtemps été classée parmi les troubles de l'enfance et ne l'est plus, ce qui change ce que le terme désigne chez un adulte aujourd'hui.

Le tabac occupe une place à part : la fiche répond à une question de comparaison entre produits, et elle explique pourquoi la prémisse est fausse plutôt que de classer des formes de tabac entre elles.

Ce que cette rubrique ne couvre pas

L'essentiel de la psychiatrie, en réalité. Il n'y a sur ce site aucune fiche sur les troubles de l'humeur, les troubles psychotiques, les troubles du comportement alimentaire, les troubles du sommeil ni les addictions autres que le tabac. La rubrique couvre le champ anxieux et rien de plus, et il vaut mieux le lire ici que le déduire d'une recherche infructueuse.

Aucune psychothérapie décrite comme une méthode applicable. La fiche consacrée à l'exposition avec prévention de la réponse dit ce que ce terme désigne dans le trouble obsessionnel compulsif, et explicitement pas comment la conduire. Aucun médicament n'est nommé dans un rôle thérapeutique, nulle part.

Les symptômes physiques d'une attaque de panique. Palpitations, oppression, douleur thoracique : ces motifs sont traités comme des symptômes dans la rubrique symptômes et examens, sans préjuger de leur origine. Une fiche de psychiatrie ne peut pas dire à un lecteur que ce qu'il ressent est anxieux, et aucune ne le fait.

Toutes les fiches : psychiatrie et addictions

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une peur et une phobie spécifique ?

Ce n'est pas l'intensité. Une phobie spécifique se définit par un objet ou une situation circonscrits et par ce que la peur entraîne — évitement, retentissement, durée —, selon des critères publiés que la fiche restitue avec leur source. Un terme d'usage courant ne devient pas un diagnostic par gradation, et cette page ne permet de classer personne.

« Trouble anxieux grave » est-il un diagnostic ?

Non. Les classifications nomment des troubles anxieux distincts et traitent la sévérité comme une dimension, jamais comme une catégorie autonome. La fiche du trouble anxieux généralisé développe ce point, qui est à l'origine d'une grande partie des recherches arrivant sur cette rubrique.

Pourquoi une fiche sur le tabac dans une rubrique de psychiatrie ?

Parce que la dépendance au tabac relève des addictions, qui sont traitées avec la psychiatrie dans l'organisation du site. La fiche ne classe aucun produit et ne compare aucune forme de tabac en termes de nocivité relative : elle explique pourquoi la question la plus posée à ce sujet repose sur une prémisse fausse.

Ces fiches peuvent-elles aider à savoir si l'on est concerné ?

Non. Elles décrivent ce qu'une catégorie recouvre selon les textes de référence, pas comment se situer par rapport à elle. Un critère publié n'est pas une grille d'auto-évaluation, et l'appliquer à soi-même hors d'un entretien clinique produit plus d'erreurs que de réponses. L'évaluation appartient au professionnel consulté.

Les fiches nomment-elles des traitements ?

Elles peuvent nommer une approche lorsque les sources la désignent comme référence — c'est le cas de l'exposition avec prévention de la réponse dans le trouble obsessionnel compulsif — mais elles ne décrivent jamais comment la conduire, et elles ne nomment aucun médicament dans un rôle thérapeutique, sans exception.