Arrêt cardiorespiratoire : les mots, et les huit causes réversibles du 4H 4T
Arrêt respiratoire et arrêt cardiorespiratoire ne désignent pas la même chose. Le cadre mnémotechnique 4H 4T, lui, énumère les huit causes réversibles que les recommandations européennes retiennent.
Trois expressions circulent pour une même famille de situations, et elles ne sont pas équivalentes.
- Arrêt respiratoire — l'arrêt de la ventilation efficace, avec une activité cardiaque encore présente. C'est une situation transitoire : privée d'oxygène, la circulation cesse à son tour.
- Arrêt cardiaque — l'arrêt de l'activité circulatoire efficace.
- Arrêt cardiorespiratoire (ACR) — l'arrêt des deux. C'est le terme employé en France dans les écrits professionnels, et c'est celui sous lequel il faut chercher.
Cette fiche décrit un vocabulaire et un cadre de raisonnement étiologique. Elle ne remplace pas une consultation ni aucune formation, ne comporte aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir : elle ne décrit ni la reconnaissance de l'arrêt, ni aucun geste de réanimation, ni aucune séquence d'intervention. Ces contenus relèvent des recommandations liées en fin de page et de la formation qui les accompagne.
Le cadre 4H 4T : ce qu'il énumère
Les causes potentiellement réversibles d'un arrêt cardiaque sont traditionnellement regroupées en quatre H et quatre T, mnémotechnique construite sur les initiales anglaises. La liste ci-dessous est celle énoncée par une mise au point publiée dans Current Opinion in Critical Care en 2021, consacrée à l'arrêt cardiaque en circonstances particulières et rédigée dans le cadre des recommandations de l'European Resuscitation Council.
| Cause | Ce que le terme désigne | |
|---|---|---|
| H | Hypoxie | défaut d'apport ou d'utilisation de l'oxygène, d'origine ventilatoire ou environnementale |
| H | Hypovolémie | perte du volume circulant, hémorragique ou non |
| H | Hyperkaliémie et autres troubles électrolytiques | anomalie de la concentration des électrolytes, le potassium au premier rang |
| H | Hypothermie | abaissement de la température centrale |
| T | Thrombose | obstruction vasculaire aiguë, coronaire ou pulmonaire |
| T | Tamponnade | épanchement péricardique comprimant le cœur et gênant son remplissage |
| T | Pneumothorax sous tension | air sous pression dans la plèvre, refoulant le médiastin |
| T | Toxiques | agents pharmacologiques ou chimiques, intentionnels ou accidentels |
Ce que ce cadre est : une liste de vérification étiologique, destinée à ce qu'aucune cause traitable ne soit oubliée pendant la prise en charge.
Ce que cette fiche ne dit pas : ce qu'il convient de faire pour chacune de ces causes. Chaque ligne appelle une action spécifique, décrite dans les recommandations liées avec son niveau de preuve ; les résumer ici en une colonne supplémentaire les déformerait.
Ce que la même source ajoute : l'échographie au lit du patient a un rôle dans l'identification de la cause — ce qui inscrit l'échographie clinique en médecine d'urgence directement dans ce cadre. Les auteurs signalent aussi que, pour la majorité de ces situations, le niveau de preuve disponible est faible.
Les textes en vigueur
Les recommandations européennes de référence sont celles de l'European Resuscitation Council, dont la section consacrée à la réanimation spécialisée de l'adulte a été publiée dans Resuscitation en 2021, sur la base du consensus international de 2020. Une synthèse française des recommandations 2025 de l'European Resuscitation Council a été publiée par la Société française de médecine d'urgence en septembre 2026.
Ce que cela implique pour un lecteur : la version citée dans un cours ou un protocole peut ne plus être la dernière. La date du texte fait partie de l'information.
« Temps maximum de massage cardiaque » : ce qui n'est pas publié
C'est une recherche fréquente, et la réponse honnête est qu'aucune durée maximale n'a pu être vérifiée auprès d'une source primaire accessible à la date de rédaction, parce que les textes n'en fixent pas une.
La raison en est lisible dans le cadre ci-dessus : une réanimation prolongée n'a pas le même sens selon la cause. L'hypothermie et l'intoxication, par exemple, sont explicitement traitées comme des circonstances particulières par la mise au point de 2021, qui décrit le recours à des techniques de suppléance destinées à franchir le temps nécessaire pour lever la cause. La durée n'est donc pas un paramètre isolable, et toute décision de ce type appartient à l'équipe qui prend le patient en charge.
Ce qui peut précéder un arrêt cardiorespiratoire
Plusieurs situations décrites ailleurs sur ce site peuvent y conduire, et c'est à ce titre qu'elles s'y rattachent :
- Une anaphylaxie, dont l'évolution défavorable relève du même cadre — voir angioedème et anaphylaxie.
- Une intoxication, et notamment l'intoxication au monoxyde de carbone, qui relève à la fois du H d'hypoxie et du T de toxiques.
- Un trouble profond de la conscience, dont la démarche est décrite dans la fiche coma non traumatique.
Les autres repères de la spécialité sont réunis dans la rubrique urgences, réanimation et toxicologie.
Questions fréquentes
Quelle différence entre arrêt respiratoire et arrêt cardiorespiratoire ?
L'arrêt respiratoire est l'arrêt de la ventilation efficace alors qu'une activité cardiaque persiste encore ; l'arrêt cardiorespiratoire est l'arrêt des deux. Le premier évolue vers le second en l'absence d'oxygénation. En France, l'abréviation ACR désigne l'arrêt cardiorespiratoire.
Que veut dire 4H 4T ?
C'est la mnémotechnique des huit causes potentiellement réversibles d'arrêt cardiaque : hypoxie, hypovolémie, hyperkaliémie et autres troubles électrolytiques, hypothermie d'une part ; thrombose, tamponnade, pneumothorax sous tension et toxiques d'autre part. Cette liste est celle énoncée par une mise au point parue dans Current Opinion in Critical Care en 2021.
À quoi sert cette liste ?
À ne pas oublier une cause traitable. C'est une liste de vérification étiologique destinée aux équipes de réanimation. Cette fiche n'indique pas ce qu'il convient de faire pour chaque cause : chaque ligne appelle une action spécifique, décrite avec son niveau de preuve dans les recommandations liées.
Existe-t-il une durée maximale de réanimation ?
Aucune durée maximale n'a pu être vérifiée auprès d'une source primaire accessible, parce que les textes n'en fixent pas. La durée dépend de la cause : l'hypothermie et l'intoxication sont traitées comme des circonstances particulières, avec recours possible à des techniques de suppléance. La décision appartient à l'équipe en charge.
Quelles sont les recommandations en vigueur ?
Les recommandations de l'European Resuscitation Council. La section consacrée à la réanimation spécialisée de l'adulte a paru dans Resuscitation en 2021, et une synthèse française des recommandations 2025 a été publiée par la Société française de médecine d'urgence en septembre 2026. La date du texte cité fait partie de l'information.