Variole : ce que le terme désigne, et ce qu'il ne désigne pas
La variole est la seule maladie humaine déclarée éradiquée. Le mot continue pourtant de servir de point de comparaison pour des éruptions qui n'ont rien à voir avec elle.
La variole était une maladie due au virus de la variole (variola virus). L'Organisation mondiale de la santé, dans ses questions-réponses consacrées à la maladie et publiées le 28 juin 2016, la décrit comme une maladie ancienne, présente depuis au moins 3 000 ans, et l'une des maladies les plus redoutées au monde jusqu'à son éradication.
Un mot d'abord sur une confusion fréquente, parce qu'elle amène des lecteurs sur cette page : le purpura rhumatoïde n'a aucun rapport avec la variole, et il n'est pas une maladie contagieuse. La revue A Review of IgA Vasculitis (Henoch-Schönlein Purpura) Past, Present, and Future, publiée dans Medical Science Monitor en 2024, le définit comme une vascularite systémique d'hypersensibilité causée par le dépôt de complexes immuns dans les petits vaisseaux, y compris les glomérules rénaux. Une vascularite n'est pas une infection transmissible. Cette fiche ne traite pas de cette entité, et un purpura fébrile relève d'une tout autre démarche, exposée dans les fiches sur les infections invasives à méningocoque et sur le purpura thrombopénique immunologique.
Ceci est un repère de lecture et non un avis médical : aucune posologie, aucune conduite à tenir, aucun jugement sur un cas individuel n'y figure.
Ce que la maladie produisait
L'OMS décrit, dans le même document, une séquence clinique précise.
| Étape | Ce que la source retient |
|---|---|
| Incubation | 7 à 17 jours après l'exposition |
| Premiers signes | fièvre élevée et fatigue |
| Éruption | apparaît deux à trois jours après la fièvre, particulièrement au visage, aux bras et aux jambes |
| Évolution des lésions | taches se remplissant de liquide clair, puis de pus, formant ensuite une croûte qui finit par sécher et tomber |
| Létalité | jusqu'à 30 % des cas |
Ce que la source précise sur la contagiosité : la personne ne devient contagieuse qu'une fois la fièvre installée, la période la plus contagieuse est la première semaine de maladie, et la contagiosité persiste jusqu'à la chute des dernières croûtes.
Piège classique, et il est historique : l'OMS note que la vitesse de transmission de la variole était généralement plus lente que celle de la rougeole ou de la varicelle, les malades contaminant surtout leur entourage domestique parce qu'ils étaient déjà alités au moment où ils devenaient contagieux. Une maladie de létalité élevée n'est donc pas nécessairement une maladie à diffusion rapide.
L'éradication, et une divergence de date à signaler
Les sources accessibles ne donnent pas la même année, et il faut le dire plutôt que choisir.
- L'OMS indique que le dernier cas naturel connu est survenu en Somalie en 1977, que les seuls cas ultérieurs ont résulté d'un accident de laboratoire survenu en 1978 à Birmingham, et que la variole a été officiellement déclarée éradiquée en 1979, la certification officielle étant datée de décembre 1979 dans le même document.
- L'ANSM, sur sa page de référence consacrée aux vaccins, écrit que la variole, responsable de 300 à 500 millions de morts au XXᵉ siècle, a été éradiquée de la planète en 1980 grâce à la vaccination.
Les deux formulations renvoient à des étapes différentes du même processus — la certification puis la proclamation — et cette fiche les rapporte telles quelles, sans en retenir une seule.
L'OMS ajoute qu'au moment de la certification, un accord a prévu que tous les stocks restants de virus seraient détruits ou confiés à l'un de deux laboratoires sécurisés, l'un aux États-Unis et l'autre en Fédération de Russie, processus achevé au début des années 1980.
Le vaccin, et pourquoi il n'est pas dans le calendrier
L'OMS précise que le vaccin utilisé ne contient pas le virus de la variole, mais un virus apparenté appelé vaccine (vaccinia). La même source indique qu'il peut avoir des effets indésirables rares mais graves, pouvant être mortels dans des cas extrêmes, que depuis l'éradication il n'est pas recommandé en vaccination de routine, et qu'il ne peut pas être administré aux personnes immunodéprimées.
Elle précise enfin qu'il n'existe pas de traitement curatif de la variole. Les questions de types de vaccins et de couverture sont traitées dans la fiche vaccination et couverture vaccinale en France ; cette fiche ne reproduit aucune indication vaccinale, aucun schéma et aucune mesure post-exposition. Les autres repères de ce champ sont réunis dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires, et le site est présenté sur la page d'accueil.
Questions fréquentes
La variole existe-t-elle encore ?
L'OMS indique que la variole ne survient plus naturellement depuis son éradication, que le dernier cas naturel connu date de 1977 en Somalie, et que les stocks restants de virus ont été détruits ou confiés à deux laboratoires sécurisés au début des années 1980. Cette fiche ne se prononce pas au-delà de ce que dit cette source.
En quelle année la variole a-t-elle été éradiquée ?
Les sources accessibles divergent en apparence : l'OMS donne 1979, avec une certification officielle en décembre 1979 ; l'ANSM écrit 1980. Les deux renvoient à des étapes distinctes du même processus, et cette fiche les rapporte l'une et l'autre plutôt que d'en trancher une.
Le purpura rhumatoïde est-il contagieux ?
Non, et il n'a aucun rapport avec la variole. La revue publiée dans Medical Science Monitor en 2024 et citée sur cette page le définit comme une vascularite systémique d'hypersensibilité liée au dépôt de complexes immuns dans les petits vaisseaux. Une vascularite n'est pas une maladie transmissible.
Quelle était la létalité de la variole ?
L'OMS indique que la variole était fatale dans jusqu'à 30 % des cas. La même source précise par ailleurs que sa vitesse de transmission était généralement plus lente que celle de la rougeole ou de la varicelle, la contagiosité ne débutant qu'avec la fièvre.
Le vaccin contre la variole contient-il le virus de la variole ?
Non. L'OMS précise qu'il contient un virus apparenté, la vaccine (vaccinia), et non le variola virus. Elle ajoute que ce vaccin n'est plus recommandé en vaccination de routine depuis l'éradication et qu'il ne peut pas être administré aux personnes immunodéprimées.