Neuroblastome : une tumeur dont le comportement dépend de sa biologie
Le neuroblastome naît des cellules du système nerveux sympathique. C'est la tumeur solide extracrânienne la plus fréquente de l'enfant, et l'une des plus hétérogènes.
Le neuroblastome est une tumeur neuroendocrine développée à partir des cellules de la crête neurale qui donnent le système nerveux sympathique — chaîne sympathique paravertébrale et médullosurrénale. Le Nature Reviews Disease Primers qui lui est consacré, publié en 2016, le décrit comme la tumeur solide extracrânienne la plus fréquente de l'enfance, dont la présentation et l'évolution sont diverses et dépendent de la biologie de la tumeur.
Repère de lecture et non avis médical : cette fiche ne remplace aucune consultation, ne comporte aucune posologie, n'indique aucune conduite à tenir et ne décrit la situation d'aucun enfant en particulier.
Trois traits que la revue de référence présente comme propres à cette tumeur
- Un âge de survenue précoce.
- Une fréquence élevée de maladie métastatique dès le diagnostic.
- Une tendance à la régression spontanée des tumeurs survenant chez le nourrisson.
Le troisième trait est celui qui déroute le plus : une même dénomination recouvre des tumeurs qui régressent sans traitement et des tumeurs d'évolution défavorable. C'est la raison pour laquelle l'évaluation biologique pèse ici autant que l'extension anatomique.
Ce que la biologie apporte
La même revue nomme plusieurs marqueurs :
| Élément biologique | Ce que la revue en dit |
|---|---|
| Amplification de l'oncogène MYCN | caractérise les tumeurs les plus malignes ; habituellement associée à une survie défavorable, y compris en cas de maladie localisée |
| Altérations chromosomiques segmentaires | fréquentes dans cette tumeur, associées à une évolution moins favorable |
| Mutations d'ALK | retrouvées dans 10 à 15 % des tumeurs primitives ; les rares formes familiales sont habituellement liées à des mutations germinales de ce gène |
Ce que cela change : une tumeur localisée avec amplification de MYCN n'est pas assimilable à une tumeur localisée sans cette amplification. L'extension seule ne suffit donc pas à situer la maladie, et c'est exactement pourquoi un système de stadification pré-thérapeutique a été construit.
Le système de stadification INRGSS
L'article The International Neuroblastoma Risk Group (INRG) staging system: an INRG Task Force report, publié dans le Journal of Clinical Oncology en 2009, décrit un système destiné à stadifier les patients avant tout traitement, par opposition au système INSS qui était post-chirurgical. Il repose sur des critères cliniques et sur des facteurs de risque définis par l'imagerie (image-defined risk factors, IDRF).
| Stade | Définition rapportée par l'article |
|---|---|
| L1 | tumeur locorégionale, aucun des 20 facteurs de risque définis par l'imagerie |
| L2 | tumeur locorégionale avec un ou plusieurs de ces facteurs |
| M | maladie métastatique |
| MS | métastases limitées à la peau, au foie et/ou à la moelle osseuse, chez un enfant de moins de 18 mois |
Ce que le système note : la frontière entre L1 et L2 n'est pas une taille ni un franchissement d'organe, mais la présence de facteurs identifiés sur l'imagerie. L'article rapporte que, dans la cohorte de 661 patients européens analysée, les enfants classés L2 avaient une survie sans événement à cinq ans significativement plus basse que ceux classés L1.
Ce que la fiche ne dit pas : la liste des vingt facteurs de risque, les chiffres de survie par stade et la classification de risque qui en découle. Ils figurent dans l'article lié en fin de fiche.
Ce que la démarche diagnostique recherche
Elle cherche le siège de la tumeur primitive — abdomen, médiastin postérieur, cou, bassin —, son extension locale et les rapports définis par l'imagerie, les localisations à distance, et les éléments biologiques nommés plus haut. L'imagerie en coupe et l'imagerie isotopique y participent, avec l'étude de la moelle osseuse et l'analyse de la tumeur.
Un signe mérite d'être isolé : un syndrome de Claude Bernard-Horner — ptôsis, myosis, énophtalmie — chez un jeune enfant fait partie des tableaux pouvant révéler une atteinte de la chaîne sympathique cervico-thoracique. Il appartient aussi, dans un tout autre contexte, au groupe IV de la classification de Narakas décrite sur la fiche paralysie obstétricale du plexus brachial : c'est la chronologie de survenue qui oriente.
Devant une masse abdominale de l'enfant, le diagnostic différentiel comprend le néphroblastome, d'origine rénale, et l'hépatoblastome, d'origine hépatique. Les autres repères sont réunis dans la rubrique pédiatrie.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un neuroblastome ?
Une tumeur développée à partir des cellules à l'origine du système nerveux sympathique — chaîne paravertébrale et médullosurrénale. La revue de référence de 2016 la décrit comme la tumeur solide extracrânienne la plus fréquente de l'enfance, dont la présentation et l'évolution dépendent étroitement de la biologie tumorale.
Pourquoi certaines de ces tumeurs régressent-elles seules ?
La régression spontanée des tumeurs survenant chez le nourrisson est présentée par la revue de 2016 comme l'un des traits propres à cette maladie, aux côtés de l'âge de survenue précoce et de la fréquence des formes métastatiques d'emblée. Le mécanisme de cette régression fait l'objet de recherches et cette fiche n'en propose pas d'explication.
Que signifie l'amplification de MYCN ?
Selon la même revue, l'amplification de cet oncogène caractérise les tumeurs les plus malignes et est habituellement associée à une survie défavorable, y compris lorsque la maladie est localisée. C'est un élément d'évaluation biologique parmi d'autres, interprété par l'équipe d'oncologie pédiatrique et non isolément.
Le neuroblastome existe-t-il chez l'adulte ?
Les sources de référence citées ici décrivent le neuroblastome comme une tumeur de l'enfant, caractérisée par un âge de survenue précoce. Cette fiche ne dispose pas de données primaires vérifiées sur les formes survenant à l'âge adulte et n'en publie donc aucune, plutôt que de rapporter des chiffres invérifiables.
Que dit cette fiche de l'évolution terminale de la maladie ?
Rien. Les questions d'évolution, de pronostic et de fin de vie ne se traitent pas sur une page de référence : elles dépendent de la biologie de la tumeur, du stade, de la réponse au traitement et de l'enfant lui-même. Elles se posent à l'équipe d'oncologie pédiatrique qui suit l'enfant, avec l'appui des équipes de soins palliatifs pédiatriques.