Salmonellose : l'infection non typhique, et ce qui la distingue de la typhoïde
Les salmonelloses non typhiques sont des infections du tube digestif dues à des bactéries du genre *Salmonella*. Elles se transmettent principalement par les aliments et ne se confondent pas avec les fièvres typhoïde et paratyphoïdes.
Les salmonelloses non typhiques sont des maladies infectieuses dues à des salmonelles, entérobactéries qui infectent le tube digestif. Santé publique France, dans son dossier mis à jour le 4 septembre 2026, les décrit comme l'une des principales causes de maladie bactérienne d'origine alimentaire dans les pays développés, se manifestant par des cas isolés, des épidémies communautaires ou des foyers de toxi-infection alimentaire collective.
Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical : aucune posologie, aucune conduite à tenir, et rien qui remplace une consultation. Les décisions concernant un patient reviennent au professionnel qui le suit.
Non typhique : ce que l'adjectif exclut
C'est la distinction qui gouverne la lecture de tout le reste, et elle porte à la fois sur l'agent, sur le réservoir et sur le tableau.
| Salmonelloses non typhiques | Fièvres typhoïde et paratyphoïdes | |
|---|---|---|
| Agent | salmonelles autres que Typhi et Paratyphi | Salmonella Typhi et Salmonella Paratyphi |
| Réservoir | principalement animal, domestique et sauvage | strictement humain |
| Symptômes | principalement digestifs | différents, selon la formulation de la source |
Santé publique France pose explicitement cette séparation. Le réservoir animal est large : volailles, porcs, bovins, ovins, caprins, chevaux, rongeurs, mais aussi chiens, chats et nouveaux animaux de compagnie, dont les reptiles — serpents, iguanes, tortues.
L'Organisation mondiale de la santé, dans sa fiche du 20 février 2018, ajoute l'échelle du genre bactérien : deux espèces, Salmonella bongori et Salmonella enterica, au sein desquelles plus de 2 500 sérotypes ont été identifiés. Elle désigne Salmonella enterica sérotype Enteritidis et sérotype Typhimurium comme les deux sérotypes les plus importants transmis de l'animal à l'homme dans la plupart des régions du monde.
Comment l'infection se contracte
Ce que Santé publique France retient :
- Voie alimentaire, principalement : aliments d'origine animale contaminés consommés crus ou peu cuits — viandes dont viandes hachées et certaines charcuteries, œufs et produits à base d'œufs crus, fromages au lait cru.
- Plus rarement, fruits frais ou légumes crus contaminés par des excréments animaux.
- Épidémies chez des nourrissons et jeunes enfants associées à des laits en poudre contaminés.
- Contacts directs ou indirects avec des animaux, les nouveaux animaux de compagnie étant très fréquemment porteurs.
- Transmission interhumaine, à partir d'une personne malade ou porteuse, principalement en établissement d'accueil de jeunes enfants.
La même source décrit un mécanisme indirect qui explique des cas apparemment inexpliqués : dans un foyer où vivent des reptiles, l'environnement est souvent contaminé et la contamination d'un nourrisson peut se faire sans contact direct entre l'enfant et l'animal, par les mains, les vêtements des parents ou l'environnement.
Incubation et signes : deux sources, deux fourchettes
Les deux sources accessibles ne donnent pas exactement la même durée d'incubation, et il vaut mieux le dire que choisir.
| Source | Incubation | Durée de la maladie |
|---|---|---|
| Santé publique France, 4 septembre 2026 | 12 à 72 heures en moyenne | la diarrhée persiste souvent plusieurs jours |
| Organisation mondiale de la santé, 20 février 2018 | 6 à 72 heures, habituellement 12 à 36 heures | 2 à 7 jours |
Le tableau décrit par Santé publique France est celui d'une gastro-entérite aiguë : début brutal de douleurs abdominales, diarrhée — pouvant être sanglante en particulier chez le nourrisson — nausées, vomissements, fièvre et céphalées. L'OMS retient les mêmes éléments : fièvre d'installation aiguë, douleurs abdominales, diarrhée, nausées et parfois vomissements.
Piège classique : conclure de la bénignité habituelle à l'absence d'enjeu. Santé publique France indique que la diarrhée persistante peut entraîner une déshydratation sévère, en particulier chez les nourrissons, les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou immunodéprimées, et que l'infection peut se compliquer d'une infection généralisée, d'une méningite ou d'un abcès. Ce dernier point rejoint le raisonnement exposé dans la fiche sur les méningites et méningo-encéphalites, où l'âge du patient oriente d'emblée le spectre des agents envisagés.
L'OMS ajoute une donnée de surveillance : 60 à 80 % des cas de salmonellose ne sont pas reconnus comme appartenant à une épidémie identifiée et sont classés comme cas sporadiques, ou ne sont pas diagnostiqués comme tels.
Ce que la démarche diagnostique situe
Santé publique France décrit une surveillance fondée sur l'identification des souches, dont l'enjeu est double : détecter les épidémies et repérer les changements de tendance et les émergences. La même source signale la détection croissante de souches résistantes à plusieurs antibiotiques, à l'origine de cas isolés mais parfois d'épidémies nationales voire internationales ; l'OMS fait de la résistance aux antimicrobiens une préoccupation mondiale de santé publique pour ce genre bactérien.
Ce que la fiche ne dit pas : ni antibiotique, ni indication, ni durée. Les deux sources indiquent que le traitement est le plus souvent symptomatique et qu'une antibiothérapie est réservée à certaines situations ; le détail leur appartient.
Devant une diarrhée aiguë fébrile, le diagnostic différentiel comprend les autres diarrhées infectieuses, dont la colite à Clostridium difficile dans un contexte différent, et, sur un tableau plus traînant, les parasitoses intestinales que décrit la fiche sur la giardiose. L'ensemble des repères de ce champ est réuni dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires et dans l'index des fiches Lexipatho.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une salmonellose non typhique ?
Une infection du tube digestif due à des bactéries du genre Salmonella autres que Typhi et Paratyphi. Santé publique France la décrit comme l'une des principales causes de maladie bactérienne d'origine alimentaire dans les pays développés, se manifestant par des troubles digestifs.
En quoi diffère-t-elle de la fièvre typhoïde ?
Par l'agent, par le réservoir et par les symptômes. Les fièvres typhoïde et paratyphoïdes sont dues à Salmonella Typhi et Salmonella Paratyphi, dont le réservoir est strictement humain, et Santé publique France indique que leurs symptômes sont différents de ceux des salmonelloses non typhiques, dont le réservoir est principalement animal.
Quelle est la durée d'incubation ?
Les deux sources accessibles diffèrent légèrement. Santé publique France retient 12 à 72 heures en moyenne ; l'OMS retient 6 à 72 heures, habituellement 12 à 36 heures, pour une maladie durant 2 à 7 jours. Cette fiche rapporte les deux plutôt que d'en retenir une.
Quelles sont les complications décrites ?
Santé publique France cite la déshydratation sévère liée à une diarrhée persistante, en particulier chez les nourrissons, les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou immunodéprimées, ainsi que la possibilité d'une infection généralisée, d'une méningite ou d'un abcès.
Un animal de compagnie peut-il être en cause sans contact direct ?
Santé publique France décrit ce mécanisme pour les nouveaux animaux de compagnie, en particulier les reptiles, très fréquemment porteurs de salmonelles. Dans un foyer où vivent ces animaux, l'environnement est souvent contaminé et la contamination d'un nourrisson peut survenir de façon indirecte, par les mains ou les vêtements des parents.