Épistaxis : la distinction antérieure et postérieure, et ce qu'elle gouverne

L'épistaxis est un saignement provenant de la narine, de la cavité nasale ou du rhinopharynx. Sa distinction principale n'est pas de sévérité mais de siège, et c'est elle qui commande tout ce qui suit.

L'épistaxis — on rencontre aussi la graphie épistaxie — désigne un saignement d'origine nasale. La recommandation de pratique clinique Clinical Practice Guideline: Nosebleed (Epistaxis), publiée dans Otolaryngology–Head and Neck Surgery en 2020, définit le patient concerné comme celui présentant un saignement provenant de la narine, de la cavité nasale ou du rhinopharynx, suffisant pour justifier un avis ou des soins médicaux.

Cette fiche est un repère de lecture. Elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir — ni geste, ni manœuvre, ni ordre de priorité. Ce qui concerne un patient donné relève du professionnel qui le prend en charge.

Combien de personnes, et combien consultent

Les deux sources accessibles convergent, et l'écart entre les deux chiffres est le fait le plus parlant du dossier.

Ce que les sources retiennent :

IndicateurValeur publiéeSource
Personnes présentant une épistaxis au cours de la vieau moins 60 %recommandation de 2020
Personnes cherchant un avis médical pour ce motifenviron 6 %recommandation de 2020 et revue de 2018
Part de l'ensemble des passages aux urgences0,5 %recommandation de 2020
Part des passages aux urgences liés à l'ORLjusqu'à un tiersrecommandation de 2020
Hospitalisation pour traitement d'une épistaxis sévère0,2 % des patientsrecommandation de 2020

Piège classique : lire le premier chiffre comme une donnée clinique. Soixante pour cent est une fréquence d'expérience au cours de la vie ; ce qui relève de la médecine est le sous-ensemble de 6 %, et ce qui relève de l'hospitalisation, 0,2 %. Ces trois pourcentages ne décrivent pas la même chose et ne portent pas sur les mêmes populations.

Antérieure ou postérieure : la distinction qui commande

C'est la partition structurante, et elle est de siège, pas de gravité.

Ce que la source retient : la revue Epistaxis: Outpatient Management, publiée dans American Family Physician en 2018, indique que plus de 90 % des cas proviennent de la circulation nasale antérieure, et que la plupart des traitements peuvent être réalisés en ambulatoire.

Elle ajoute, sur l'autre versant : comparée à l'épistaxis antérieure, l'épistaxis postérieure est plus susceptible de nécessiter une hospitalisation et deux fois plus susceptible de nécessiter un tamponnement nasal. Le tamponnement postérieur y est décrit comme souvent douloureux et exposant à un risque d'inhalation en cas de déplacement.

Épistaxis antérieureÉpistaxis postérieure
Part des casplus de 90 %minorité
Prise en chargele plus souvent ambulatoirehospitalisation plus fréquente
Recours au tamponnement nasalmoindredeux fois plus fréquent

Ce que la fiche ne dit pas : comment un tamponnement antérieur est réalisé, quand il l'est, ni par quoi il est précédé ou suivi. La recommandation de 2020 et la revue de 2018 décrivent la compression, les traitements topiques, la cautérisation, les tamponnements et les gestes de recours ; ce sont elles qui font foi. Le mot tamponnement antérieur est employé ici parce qu'il fait partie du vocabulaire de la question, pas parce que cette fiche le décrit.

Ce que l'examen et le bilan cherchent

La recommandation de 2020 situe la prise en charge sur un continuum allant de l'automédication aux gestes réalisés au bloc opératoire, et note que le public visé va du médecin généraliste à l'ORL, au radiologue interventionnel, à l'hématologue et au cardiologue. Cette énumération est elle-même informative : elle dit que l'épistaxis n'est pas seulement une question locale.

Sur le versant local, la revue de 2018 indique que l'examen du nez gagne à disposer d'un spéculum nasal et d'une bonne source lumineuse, et que l'évaluation d'un patient présentant une épistaxis commence par les constantes vitales, l'état de conscience et la liberté des voies aériennes.

Sur le versant général, deux champs se croisent. Le premier est celui des troubles de l'hémostase : une épistaxis répétée peut s'inscrire dans un syndrome hémorragique plus large, et le raisonnement rejoint alors ce qu'expose la fiche sur le purpura thrombopénique immunologique. Le second est celui du contexte ORL : un saignement survenant au décours d'une infection des voies aériennes supérieures se lit avec ce que décrit la fiche sur la rhinopharyngite, et un saignement unilatéral chez un jeune enfant fait envisager ce qu'expose la fiche sur le corps étranger des voies aériennes transposé aux fosses nasales.

Ce qui n'a pas pu être vérifié : aucune donnée française de fréquence ou de recours pour épistaxis n'a pu être confirmée auprès d'une source primaire accessible à la date de rédaction, les chiffres ci-dessus portant sur la population des États-Unis. Cette fiche n'en transpose aucun. Les autres repères de la spécialité sont réunis dans la rubrique ORL et voies aériennes.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une épistaxis ?

Un saignement d'origine nasale. La recommandation publiée dans Otolaryngology–Head and Neck Surgery en 2020 définit le patient concerné comme celui présentant un saignement provenant de la narine, de la cavité nasale ou du rhinopharynx, suffisant pour justifier un avis ou des soins médicaux. La graphie épistaxie désigne la même chose.

Quelle est la différence entre épistaxis antérieure et postérieure ?

Le siège du saignement. La revue publiée dans American Family Physician en 2018 indique que plus de 90 % des cas proviennent de la circulation nasale antérieure et que la plupart des traitements peuvent être réalisés en ambulatoire, tandis que l'épistaxis postérieure nécessite plus souvent une hospitalisation et deux fois plus souvent un tamponnement nasal.

Les saignements de nez sont-ils fréquents ?

La recommandation de 2020 indique qu'au moins 60 % des personnes présentent une épistaxis au cours de leur vie aux États-Unis, et qu'environ 6 % d'entre elles cherchent un avis médical pour ce motif. L'épistaxis représenterait 0,5 % de l'ensemble des passages aux urgences et jusqu'à un tiers des passages liés à l'ORL.

Qu'est-ce qu'un tamponnement antérieur ?

Un des gestes décrits dans la prise en charge de l'épistaxis par les textes de référence. Cette fiche ne décrit ni sa réalisation, ni ses indications, ni ses alternatives : elle ne publie aucune conduite à tenir. Les recommandations liées en fin de page les exposent avec leur niveau de preuve.

Une épistaxis peut-elle révéler autre chose ?

Les sources situent la prise en charge sur un continuum mobilisant, selon les situations, le médecin généraliste, l'ORL, le radiologue interventionnel, l'hématologue et le cardiologue. Cette composition indique que le saignement nasal peut s'inscrire dans un contexte général, hémostatique ou vasculaire, que l'évaluation médicale explore.