Fièvre hémorragique de Crimée-Congo : vecteur, présentation et létalité

La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est une maladie virale transmise par des tiques du genre *Hyalomma* et par contact avec le sang ou les tissus d'animaux infectés. Sa létalité en fait l'une des fièvres hémorragiques virales les plus surveillées.

La fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC) est due à un virus transmis par les tiques, un Nairovirus de la famille des Bunyaviridae. L'Organisation mondiale de la santé, dans sa fiche du 20 février 2025, la décrit comme responsable d'épidémies sévères de fièvre hémorragique virale, avec une létalité de 10 à 40 % selon les foyers.

Cette fiche est un repère de lecture et rien de plus : pas de posologie, pas de conduite à tenir, pas de substitut à une consultation. Ce qui concerne un patient donné revient au professionnel qui le suit.

Où la maladie est présente, et pourquoi la limite est géographique

L'OMS indique que la FHCC est endémique en Afrique, dans les Balkans, au Moyen-Orient et en Asie, dans les pays situés au sud du 50e parallèle nord — qui est la limite géographique du principal vecteur.

Ce vecteur est une tique du genre Hyalomma. De nombreux genres de tiques peuvent être infectés, mais c'est celui-là qui entretient le cycle. Les hôtes vertébrés sont des animaux sauvages et domestiques — bovins, ovins, caprins — chez lesquels l'infection ne s'accompagne d'aucune maladie apparente ; le virus reste dans leur sang environ une semaine, ce qui permet au cycle tique-animal-tique de se poursuivre.

Trois voies de contamination humaine

Ce que la source retient :

Incubation et tableau clinique

La durée d'incubation dépend du mode de contamination, et cette dépendance est elle-même une donnée clinique.

Mode de contaminationIncubation habituelleMaximum documenté
Piqûre de tique1 à 3 jours9 jours
Contact avec du sang ou des tissus infectés5 à 6 jours13 jours

Le début est brutal : fièvre, myalgies, sensation vertigineuse, cervicalgies et raideur de nuque, lombalgies, céphalées, douleur oculaire et photophobie. Peuvent s'y associer d'emblée nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales et douleurs pharyngées, suivis de variations thymiques brusques et d'une confusion. Après deux à quatre jours, l'agitation cède à une somnolence, à un abattement, et la douleur abdominale peut se localiser à l'hypocondre droit avec une hépatomégalie.

L'OMS décrit ensuite une tachycardie, des adénopathies et un purpura pétéchial des muqueuses et de la peau, les pétéchies pouvant faire place à des ecchymoses plus étendues et à d'autres manifestations hémorragiques. Une atteinte hépatique est habituelle ; dans les formes graves, une dégradation rénale rapide, une insuffisance hépatique brutale ou une défaillance respiratoire peuvent survenir après le cinquième jour.

Ce que la fiche ne dit pas : la prise en charge. L'OMS mentionne des soins de support et l'absence de traitement spécifique approuvé ; le détail et les incertitudes figurent dans son texte, lié plus bas.

Létalité : deux chiffres, et ils ne disent pas la même chose

La fiche de l'OMS donne deux valeurs à des endroits différents, et il faut les lire ensemble plutôt qu'en choisir une : une létalité de 10 à 40 % selon les épidémies, et une létalité d'environ 30 %, le décès survenant au cours de la deuxième semaine d'évolution. Chez les patients qui guérissent, l'amélioration commence en général au neuvième ou dixième jour.

Ce que la démarche diagnostique recherche

Le diagnostic est virologique. L'OMS nomme l'ELISA, la détection d'antigène, la séroneutralisation, la RT-PCR et l'isolement viral en culture. Elle ajoute une nuance décisive : les patients qui décèdent, comme ceux qui sont vus dans les tout premiers jours, ne développent habituellement pas de réponse anticorps mesurable — chez eux, le diagnostic repose sur la détection du virus ou de son ARN dans le sang ou les tissus, pas sur la sérologie. Les prélèvements non inactivés présentent un risque biologique extrême.

Le diagnostic différentiel est celui d'une fièvre au retour d'une zone d'endémie : il comprend les autres fièvres hémorragiques virales, au premier rang desquelles la fièvre de Lassa, dont le réservoir est un rongeur et non une tique. Les maladies transmises par les tiques constituent l'autre versant du raisonnement, de la borréliose de Lyme à l'encéphalite à tiques, et la notion d'exposition professionnelle aux ruminants ouvre par ailleurs sur la fièvre Q. Les autres repères de ce champ sont réunis dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la fièvre hémorragique de Crimée-Congo ?

Une maladie virale due à un Nairovirus de la famille des Bunyaviridae, transmise à l'homme par des tiques du genre Hyalomma ou par contact avec le sang et les tissus d'animaux infectés. L'OMS la décrit comme responsable d'épidémies sévères de fièvre hémorragique virale.

Où la FHCC est-elle présente ?

Selon l'OMS, en Afrique, dans les Balkans, au Moyen-Orient et dans les pays d'Asie situés au sud du 50e parallèle nord, qui correspond à la limite géographique du principal vecteur, la tique du genre Hyalomma.

Quelle est la durée d'incubation ?

Elle dépend du mode de contamination. Après une piqûre de tique, l'OMS retient une incubation habituelle de 1 à 3 jours, avec un maximum de 9 jours. Après contact avec du sang ou des tissus infectés, elle est habituellement de 5 à 6 jours, avec un maximum documenté de 13 jours.

Quelle est la létalité de la FHCC ?

La fiche de l'OMS du 20 février 2025 donne une létalité de 10 à 40 % selon les épidémies et une létalité d'environ 30 %, le décès survenant au cours de la deuxième semaine d'évolution. Cette fiche rapporte les deux valeurs telles qu'elles sont publiées plutôt que d'en retenir une seule.

Qui est le plus exposé ?

L'OMS indique que la majorité des cas surviennent chez des personnes travaillant dans la filière animale — agriculteurs, employés d'abattoir, vétérinaires — du fait du contact avec le sang et les tissus lors de l'abattage. Des infections nosocomiales sont également décrites chez les soignants.