Encéphalite à tiques : une maladie virale rare, distincte de la peur des tiques
La peur des tiques et l'encéphalite à tiques sont deux sujets différents. Cette fiche traite du second et indique où trouver le premier.
Une mise au point d'abord, parce que les deux expressions se croisent dans les recherches. La phobie des tiques relève des troubles anxieux, décrits dans la fiche sur la phobie spécifique ; elle n'est pas une maladie infectieuse et ne se traite pas sur cette page. L'encéphalite à tiques est une maladie virale, rare en France, que Santé publique France décrit dans le dossier mis à jour le 12 mai 2026.
Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical : elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir, ni avant ni après une piqûre.
Ce que la maladie est
Santé publique France la définit comme une maladie due à un flavivirus transmis à l'être humain par la piqûre d'une tique infestée, essentiellement du printemps à l'automne — la période d'activité des tiques — et plus rarement par la consommation de produits laitiers au lait cru.
Ce second mode de transmission n'est pas théorique : la même source rapporte qu'il a été observé en France pour la première fois au printemps 2020, lors d'un épisode de cas groupés survenus chez des personnes ayant consommé le même fromage de chèvre.
Trois types viraux, et un seul en France : la même source distingue les types européen, extrême-oriental et sibérien, et précise que le sous-type européen, seul présent en France, est responsable de maladies moins graves que les deux autres. La gravité attendue dépend donc du lieu de contamination.
Ce que les chiffres disent
Les valeurs ci-dessous sont celles publiées par Santé publique France dans le dossier lié en fin de page.
- 5 000 à 13 000 cas d'encéphalite à tiques sont rapportés chaque année dans le monde.
- En France, la maladie est décrite comme très rare : historiquement une vingtaine de cas par an, essentiellement en Alsace et en Haute-Savoie, ou contractés à l'étranger.
- Depuis l'inscription de la maladie sur la liste des déclarations obligatoires en mai 2021, le nombre de cas rapportés a atteint environ 35, la même source précisant que ces données demandent à être consolidées dans la durée.
- En Europe, les pays les plus touchés sont la République tchèque, l'Allemagne et les pays baltes, avec une extension observée vers l'Europe du Nord et de l'Est.
Ce que la source dit de l'aire géographique : la maladie sévit de l'Europe au nord du Japon et de la Chine, entre les 40ᵉ et 60ᵉ parallèles.
L'évolution, et ce qu'elle laisse
Santé publique France décrit une incubation d'une à deux semaines, puis un début brutal associant fièvre, maux de tête et douleurs musculaires et articulaires.
Ensuite apparaissent, chez 20 à 30 % des malades, des symptômes d'atteinte du système nerveux central — encéphalite, myélite — ou périphérique, avec parésie ou paralysie d'un membre. Les signes d'atteinte centrale retenus par cette source sont la prostration ou l'agitation, des tremblements, des troubles du comportement, des troubles de la vigilance ou de la conscience, parfois des convulsions ou le coma.
Deux chiffres encadrent le pronostic dans cette source, et ils vont dans des directions opposées :
- le décès est rare avec le sous-type viral européen, avec moins de 1 % de décès ;
- les séquelles, principalement paralysies et troubles du comportement, peuvent atteindre jusqu'à 40 % des cas.
La même source ajoute qu'il n'existe aucun médicament antiviral spécifique, que le traitement est uniquement symptomatique, et que la convalescence est longue, des séquelles neurologiques ou psychiatriques pouvant persister plusieurs années.
Ce que la démarche diagnostique croise
Un tableau neurologique fébrile après exposition aux tiques n'a pas une seule cause. La borréliose de Lyme peut donner des manifestations neurologiques — méningoradiculite, paralysie faciale, méningite isolée — dans sa forme précoce disséminée, mais son agent, son évolution et sa prise en charge diffèrent entièrement. La démarche d'analyse du liquide cérébrospinal, commune à ces tableaux, est décrite dans la fiche sur les méningites et méningo-encéphalites. Les autres repères de ce champ sont réunis dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires.
Questions fréquentes
L'encéphalite à tiques est-elle fréquente en France ?
Non. Santé publique France la décrit comme très rare : historiquement une vingtaine de cas diagnostiqués par an, essentiellement en Alsace et en Haute-Savoie ou contractés à l'étranger, et environ 35 cas rapportés depuis l'inscription sur la liste des déclarations obligatoires en mai 2021, chiffre que la même source indique devoir être consolidé.
Peut-on l'attraper autrement que par une piqûre ?
Oui, plus rarement, par la consommation de lait cru ou de fromage au lait cru, principalement de chèvre ou de brebis, selon la même source. Elle rapporte un épisode de cas groupés survenu en France au printemps 2020 chez des personnes ayant consommé le même fromage de chèvre.
Quelle proportion de malades fait une atteinte neurologique ?
De 20 à 30 % des malades, selon Santé publique France, avec une atteinte du système nerveux central — encéphalite, myélite — ou périphérique. Chez les autres, le tableau reste celui du début : fièvre, maux de tête et douleurs musculaires et articulaires.
Quelles séquelles la maladie laisse-t-elle ?
La même source indique que le décès est rare avec le sous-type européen, avec moins de 1 % de décès, mais que les séquelles — principalement paralysies et troubles du comportement — peuvent atteindre jusqu'à 40 % des cas, et que des séquelles neurologiques ou psychiatriques peuvent persister plusieurs années.
Existe-t-il un traitement antiviral ?
Non. Santé publique France indique qu'il n'existe aucun médicament antiviral spécifique contre cette maladie et que le traitement est uniquement symptomatique. Cette fiche ne donne aucune indication thérapeutique ni aucune mesure préventive individuelle.