Lithiase urinaire : de quoi les calculs sont faits et ce que la douleur signale
La lithiase urinaire est la formation de concrétions solides dans la voie excrétrice. Leur composition n'est pas un détail de laboratoire : c'est elle qui oriente tout le reste.
Un calcul urinaire est une concrétion solide constituée dans la voie excrétrice, du rein à la vessie. Ce qui le caractérise est sa composition chimique, et cette composition est dominée, en France, par une seule famille. La douleur qu'un calcul provoque en migrant porte un nom propre, une définition précise et une liste de situations qui la font sortir du cadre habituel. Cette fiche donne ces trois choses, telles que le référentiel les écrit.
Repère de lecture, pas avis médical : cette fiche ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir. Les décisions concernant un patient reviennent au professionnel qui le prend en charge.
De quoi les calculs sont faits
Le référentiel du Collège d'urologie de l'Association française d'urologie, dans son chapitre consacré à la lithiase urinaire, donne la répartition suivante :
| Composition | Part |
|---|---|
| Oxalate de calcium, toutes formes | 70 % |
| — dont oxalate de calcium monohydraté | 50 % |
| — dont oxalate de calcium dihydraté | 20 % |
| Phosphate de calcium | 15 % |
| Acide urique | 10 % |
| Struvite | 1,5 % |
| Cystine | 1,5 % |
Ce que le tableau note : l'oxalate de calcium représente à lui seul sept calculs sur dix, et la distinction entre ses deux formes, monohydratée et dihydratée, n'est pas cosmétique — elles ne renvoient pas aux mêmes mécanismes. C'est la raison pour laquelle l'analyse d'un calcul expulsé a une valeur qu'une simple étiquette « calcique » n'a pas.
Cristaux dans les urines et calcul : ce n'est pas la même observation
La présence de cristaux d'oxalate de calcium sur un examen d'urines est un constat de microscopie portant sur un échantillon. Un calcul est une concrétion constituée, visible en imagerie. Les deux termes circulent ensemble, notamment dans les recherches liées à la grossesse, et ils ne décrivent pas le même objet.
Ce qui n'a pas pu être vérifié : aucune source primaire consultée à la date de rédaction ne chiffre la signification d'une cristallurie isolée, pendant la grossesse ou en dehors. Cette fiche n'avance donc rien sur ce point ; l'interprétation d'un tel résultat appartient au biologiste et au médecin prescripteur, avec le reste du bilan.
La colique néphrétique
Le même référentiel la définit ainsi : « La colique néphrétique (CN) est un syndrome douloureux aigu lomboabdominal lié à la mise en tension brutale de la voie excrétrice supérieure ». La douleur n'est donc pas produite par le calcul lui-même mais par la mise en tension d'amont qu'il provoque en obstruant.
Sur l'imagerie, le texte retient la tomodensitométrie (TDM) sans injection comme examen de référence devant une suspicion de colique néphrétique, et situe l'association échographie rénovésicale et abdomen sans préparation à une sensibilité de 80 à 90 % comme alternative.
Ce qui rend une colique néphrétique compliquée
Le référentiel décrit trois situations qui la font sortir du cadre simple : la fièvre, l'oligoanurie ou l'insuffisance rénale, et la douleur résistante au traitement médical. Il les rattache à une hospitalisation en urgence. Cette fiche s'arrête à ce constat et ne détaille aucune conduite.
Ce que la fiche ne dit pas : ni les traitements de la crise, ni les modalités de drainage, ni les indications des différentes techniques d'extraction. Tout cela figure dans le texte lié, avec le contexte qui leur donne leur sens.
La particularité de la grossesse
C'est le point qui sous-tend les recherches associant oxalate de calcium, urines et grossesse. Le référentiel indique que chez la femme enceinte, l'échographie est l'examen de première intention, afin d'éviter l'irradiation — ce qui écarte d'emblée la TDM citée plus haut comme examen de référence dans la population générale.
Le texte comporte par ailleurs des précisions thérapeutiques propres à la grossesse, notamment des contre-indications médicamenteuses. Elles ne sont pas reprises ici : ce site ne publie ni posologie ni choix de traitement, et ces éléments perdent leur sens détachés du document qui les porte.
L'analyse du calcul
Quand un calcul est expulsé ou retiré, le référentiel indique qu'il doit être analysé, et il est explicite sur la méthode : l'analyse chimique est qualifiée d'obsolète, l'analyse morphoconstitutionnelle par spectrophotométrie infrarouge étant la méthode appropriée.
Ce que cela change : l'analyse morphoconstitutionnelle ne se contente pas de nommer le composé, elle décrit l'organisation du calcul, ce qui oriente la recherche de la cause. Un calcul jeté est une information perdue.
Ce qui n'est pas une colique néphrétique
Une douleur pelvienne chronique avec symptômes urinaires relève d'un tout autre cadre, celui du syndrome de la douleur vésicale, défini par une durée de plus de six mois et non par une crise. Les autres motifs urologiques de la rubrique, comme le déficit en testostérone lié à l'âge, n'ont aucun mécanisme obstructif commun avec la lithiase. L'ensemble des repères est regroupé dans la rubrique urologie et néphrologie, et la manière dont ces fiches sont sourcées est décrite en page d'accueil.
Où lire le texte en vigueur
Le chapitre de référence est « Item 265 — Lithiase urinaire » du référentiel du Collège d'urologie de l'AFU. C'est lui qui porte la répartition des compositions, la définition de la colique néphrétique, les critères de complication, la place de l'imagerie et la méthode d'analyse des calculs.
Questions fréquentes
De quoi sont faits la plupart des calculs urinaires ?
Le référentiel du Collège d'urologie donne la répartition suivante : oxalate de calcium 70 % — dont 50 % de forme monohydratée et 20 % de forme dihydratée —, phosphate de calcium 15 %, acide urique 10 %, struvite 1,5 % et cystine 1,5 %. L'oxalate de calcium représente donc sept calculs sur dix.
Des cristaux d'oxalate de calcium dans les urines signifient-ils un calcul ?
Ce sont deux observations différentes : un cristal est vu au microscope sur un échantillon d'urine, un calcul est une concrétion constituée visible en imagerie. Aucune source primaire consultée à la date de rédaction ne chiffre la signification d'une cristallurie isolée, et cette fiche n'en propose donc pas d'interprétation.
Qu'est-ce qu'une colique néphrétique, exactement ?
Le référentiel la définit comme « un syndrome douloureux aigu lomboabdominal lié à la mise en tension brutale de la voie excrétrice supérieure ». La douleur vient de cette mise en tension d'amont et non du calcul lui-même, ce qui explique qu'elle puisse être intense pour un calcul de petite taille.
Quelle imagerie est utilisée pendant la grossesse ?
Le référentiel indique que chez la femme enceinte, l'échographie est l'examen de première intention, pour éviter l'irradiation. Dans la population générale, c'est la tomodensitométrie sans injection qui est retenue comme examen de référence devant une suspicion de colique néphrétique.
Pourquoi faut-il conserver un calcul expulsé ?
Parce qu'il est analysable. Le référentiel qualifie l'analyse chimique d'obsolète et retient l'analyse morphoconstitutionnelle par spectrophotométrie infrarouge, qui décrit la composition et l'organisation du calcul. C'est cette description qui oriente la recherche de la cause ; un calcul jeté ne la permet plus.