Syndrome de déficit en testostérone lié à l'âge : chiffres et définitions
L'andropause n'est pas un événement survenant à un âge donné. C'est un syndrome dont la fréquence augmente avec l'âge, et dont la définition associe des signes cliniques à un dosage.
La question « à quel âge » suppose un événement daté, comme la ménopause. Le syndrome de déficit en testostérone lié à l'âge n'en est pas un : il n'a pas de moment de survenue, mais une prévalence qui croît régulièrement, et une définition qui exige deux choses à la fois. Cette fiche donne les chiffres tels que le référentiel les publie, et dit où s'arrête ce qu'un chiffre isolé permet de conclure.
Repère de lecture, pas avis médical : cette fiche ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir. Aucun traitement n'y est évoqué.
La définition, telle qu'elle est citée
Le référentiel du Collège d'urologie de l'Association française d'urologie reprend la définition ISSAM de 2002, qui décrit un « syndrome biochimique associé à l'avancée en âge, caractérisé par une diminution des androgènes dans le sérum avec ou sans diminution de la sensibilité aux androgènes, responsable d'une altération de la qualité de vie ».
Trois éléments y sont liés : un dosage abaissé, éventuellement une moindre sensibilité aux androgènes, et un retentissement. Le premier sans le troisième ne fait pas le syndrome.
L'âge : une prévalence, pas une date
Le même référentiel donne la prévalence par tranche d'âge :
| Âge | Prévalence |
|---|---|
| 50 ans | 5 % |
| 60 ans | 10 % |
| 70 ans | 15 % |
| 80 ans | 26 % |
Ce que le tableau note : la progression est continue et reste minoritaire même à 80 ans. Il n'existe donc pas d'« âge moyen de l'andropause » comparable à l'âge de la ménopause, et la recherche d'un tel chiffre porte sur quelque chose qui n'existe pas dans le texte de référence. Ce que l'âge modifie, c'est la probabilité, pas le diagnostic.
Les signes cliniques, et leur limite
Le référentiel est explicite : ces signes ne sont pas spécifiques du syndrome. Il cite la sarcopénie, avec une réduction de la masse musculaire pouvant atteindre 40 %, l'obésité abdominale, la diminution de la pilosité, la gynécomastie, l'ostéopénie et l'ostéoporose, et l'atrophie testiculaire.
Piège classique : chacun de ces signes a d'autres causes, plus fréquentes que celle-ci. C'est la raison pour laquelle le diagnostic ne repose pas sur eux seuls et pourquoi des questionnaires ont été construits.
Le score ADAM
Le référentiel décrit le score ADAM — Androgen Deficiency in Aging Male — comme un outil de dépistage, et en donne la règle de lecture : le résultat est considéré comme positif en cas de réponse affirmative à la question 1 ou à la question 7, c'est-à-dire la dysfonction érectile ou la baisse du désir sexuel, ou bien à au moins trois questions quelconques.
Le texte mentionne par ailleurs un autre questionnaire validé, le score AMS.
Ce que le score n'est pas : un diagnostic. C'est un outil de dépistage dont la positivité conduit à un dosage, et le référentiel ne lui attribue rien d'autre.
Ce que le dosage mesure, et comment
Les règles de prélèvement figurent dans le référentiel et elles ne sont pas des détails de laboratoire :
- Le moment — entre 8 et 11 heures du matin, en raison du cycle nycthéméral de la testostéronémie.
- Les fractions — testostérone totale et testostérone biodisponible.
- La répétition — un nouveau dosage 2 à 4 semaines après le premier.
Les seuils biochimiques cités par le référentiel sont les suivants : une testostérone totale inférieure à 2,3 ng/mL, soit 8 nmol/L ; ou bien une testostérone totale comprise entre 2,3 et 3,5 ng/mL associée à une testostérone biodisponible inférieure à 0,7 ng/mL.
Ce que ces seuils ne disent pas : ils définissent un déficit biochimique, pas le syndrome, qui associe ce déficit à des signes cliniques et à un retentissement. Un chiffre sous le seuil, isolé, sur un prélèvement unique fait hors de la fenêtre horaire, ne remplit aucune des conditions ci-dessus.
Ce qui n'a pas pu être vérifié : les valeurs de référence de la testostéronémie chez la femme, objet d'une recherche fréquente, ne figurent pas dans le référentiel consulté, et aucune source primaire de la liste retenue ne les publie à la date de rédaction. Cette fiche n'en avance donc aucune. Les intervalles de référence d'un dosage hormonal dépendent par ailleurs de la technique employée et figurent sur le compte rendu du laboratoire.
Le traitement n'est pas décrit ici
Une partie des recherches associées à ce sujet porte sur des formes galéniques de testostérone et sur leurs effets attendus. Ce site ne publie ni posologie, ni choix de traitement, ni effet attendu d'un traitement : les indications, les modalités de suivi et les contre-indications figurent dans les recommandations de l'AFU, et elles n'ont de sens qu'accompagnées de leur niveau de preuve.
Ce que ce syndrome n'explique pas
Les troubles mictionnels de l'homme vieillissant relèvent du bas appareil urinaire et non du statut hormonal : un obstacle fixe comme le rétrécissement de l'urètre, ou sa conséquence aiguë, le globe vésical, ont leurs propres causes. Une augmentation de volume de la bourse relève de même d'un autre chapitre, celui de l'hydrocèle. Les autres repères de la spécialité sont regroupés dans la rubrique urologie et néphrologie.
Où lire le texte en vigueur
Le chapitre de référence est « Item 124 — Andropause (syndrome de déficit en testostérone lié à l'âge) » du référentiel du Collège d'urologie de l'AFU. C'est lui qui porte la définition ISSAM citée, les prévalences par âge, la règle de lecture du score ADAM et les seuils de testostéronémie.
Questions fréquentes
À quel âge survient l'andropause ?
Il n'y a pas d'âge de survenue. Le référentiel du Collège d'urologie donne une prévalence croissante : 5 % à 50 ans, 10 % à 60 ans, 15 % à 70 ans, 26 % à 80 ans. Le syndrome reste donc minoritaire à tout âge, et l'âge modifie la probabilité, pas le diagnostic.
Quel taux de testostérone définit un déficit ?
Le référentiel cite deux situations : une testostérone totale inférieure à 2,3 ng/mL, soit 8 nmol/L ; ou une testostérone totale comprise entre 2,3 et 3,5 ng/mL associée à une testostérone biodisponible inférieure à 0,7 ng/mL. Ces seuils définissent un déficit biochimique, qui ne suffit pas à lui seul à porter le diagnostic du syndrome.
Pourquoi le prélèvement doit-il être fait le matin ?
Parce que la testostéronémie suit un cycle nycthéméral. Le référentiel indique un prélèvement entre 8 et 11 heures du matin, portant à la fois sur la testostérone totale et sur la testostérone biodisponible, avec un nouveau dosage 2 à 4 semaines après le premier.
Comment se lit le score ADAM ?
Le référentiel décrit ce questionnaire de dépistage comme positif en cas de réponse affirmative à la question 1 ou à la question 7 — dysfonction érectile ou baisse du désir sexuel — ou bien à au moins trois questions quelconques. C'est un outil de dépistage, pas un diagnostic.
Quelles sont les valeurs normales de testostérone chez la femme ?
Elles ne figurent pas dans le référentiel consulté, et aucune source primaire de la liste retenue ne les publie à la date de rédaction ; cette fiche n'en donne donc aucune. Les intervalles de référence d'un dosage hormonal dépendent de la technique du laboratoire et sont indiqués sur le compte rendu.