Grippe : les signes que les sources décrivent, et ceux qu'elles ne décrivent pas
La grippe est une infection respiratoire aiguë due à un virus Influenza. Les listes de symptômes publiées par les sources de référence sont courtes, respiratoires et générales — et la constipation n'y figure pas.
La grippe est une infection respiratoire aiguë due aux virus grippaux. L'Organisation mondiale de la santé, dans sa fiche du 28 février 2025, la décrit comme fréquente dans toutes les régions du monde et rappelle que la plupart des personnes guérissent sans traitement.
Cette fiche est un repère de lecture et pas autre chose : elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir. Les décisions concernant un patient reviennent au professionnel qui le prend en charge.
Ce que les sources listent comme signes de grippe
Ce que l'OMS retient (fiche du 28 février 2025) :
- installation brutale de la fièvre ;
- toux, habituellement sèche ;
- céphalées ;
- douleurs musculaires et articulaires ;
- malaise général marqué ;
- douleurs pharyngées ;
- écoulement nasal.
La même source précise que les symptômes débutent environ deux jours après la contamination, que la plupart des personnes guérissent en une semaine sans recours médical, et que la toux peut être sévère et durer deux semaines ou plus — c'est le symptôme qui survit le plus longtemps au reste du tableau.
La constipation ne figure pas dans cette liste, ni dans la description que Santé publique France donne de la maladie. Il n'existe, à la date de rédaction, aucune source primaire accessible reliant la grippe saisonnière à une constipation ; cette fiche n'en affirme donc ni l'existence ni l'absence, et se borne à constater que les textes de référence ne la décrivent pas parmi les signes de la maladie.
Piège classique : appeler « grippe » tout épisode fébrile hivernal. Santé publique France pose la distinction en une phrase : la grippe est une infection respiratoire aiguë due à un virus Influenza, tandis qu'un syndrome grippal peut être dû à de nombreux autres virus respiratoires circulant de l'automne à la fin de l'hiver — rhinovirus, virus respiratoire syncytial, et d'autres. Une bonne part de ce qui est vécu comme une grippe relève donc d'un autre agent, et les tableaux respiratoires hauts d'évolution banale sont ceux que décrit la fiche sur la rhinopharyngite.
Deux virus, deux types, et ce que la variabilité entraîne
| Type | Ce que les sources en disent |
|---|---|
| Influenza A | circule chez de nombreuses espèces animales ; se divise en sous-types, dont A(H1N1)pdm09 et A(H3N2) ; seuls les virus de type A ont été responsables de pandémies à ce jour |
| Influenza B | circule essentiellement chez l'homme ; se divise en lignages, B/Victoria et B/Yamagata |
| Influenza C | détecté moins fréquemment, infections habituellement bénignes ; sans importance de santé publique selon l'OMS |
| Influenza D | affecte principalement les bovins ; non connu pour infecter l'homme |
Santé publique France décrit deux mécanismes d'évolution génétique de ces virus :
- le glissement (drift), au cours des épidémies saisonnières, qui peut se traduire par une baisse de l'efficacité vaccinale au cours d'une saison ;
- la cassure (shift), qui ne concernerait que les virus de type A, à l'origine de nouveaux virus face auxquels la population n'est pas nécessairement protégée et qui peuvent déclencher une pandémie.
Ce que l'épidémie française représente, selon la surveillance
Ce que Santé publique France retient (dossier mis à jour le 15 avril 2026) : en France métropolitaine, l'épidémie survient chaque année, généralement entre novembre et avril, avec un démarrage le plus souvent fin décembre ou début janvier, et dure en moyenne 10 à 11 semaines. Sur la base des données historiques des épidémies depuis 1984, le réseau Sentinelles estime qu'entre 788 000 et 4,6 millions de personnes consultent pour syndrome grippal lors des épidémies, 25 à 50 % de ces consultations concernant des enfants de moins de 15 ans.
L'incubation est de 1 à 3 jours en moyenne, pouvant aller jusqu'à cinq jours, et la personne contaminée peut être contagieuse pendant ce délai.
À l'échelle mondiale, l'OMS publie de son côté environ un milliard de cas de grippe saisonnière par an, dont 3 à 5 millions de cas graves, et 290 000 à 650 000 décès respiratoires annuels.
Piège classique : confondre ces deux ordres de grandeur. Le chiffre français porte sur des consultations pour syndrome grippal, motif de recours qui englobe d'autres virus ; les chiffres mondiaux portent sur la grippe. Ils ne mesurent pas la même chose.
Les terrains que les sources désignent
L'OMS nomme comme plus exposés aux formes graves ou aux complications : les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans, les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques — cardiaques, pulmonaires, rénales, métaboliques, hépatiques ou hématologiques — et les personnes en situation d'immunosuppression. Elle ajoute que dans les pays industrialisés, la majorité des décès associés à la grippe survient chez les personnes de 65 ans et plus, et que la grippe peut conduire, dans les formes sévères, à une pneumonie et à un sepsis.
Vaccination : ce que cette fiche ne fera pas
Santé publique France indique que la vaccination constitue le meilleur moyen de protection contre la grippe, qu'elle doit être renouvelée chaque année, la protection diminuant après quelques mois du fait des modifications génétiques des virus, et que la composition du vaccin peut différer d'une saison à l'autre, l'OMS émettant chaque année une recommandation sur les souches à y inclure.
Cette fiche ne reproduit ni âges, ni intervalles, ni indications vaccinales. Ces éléments relèvent du calendrier vaccinal en vigueur, qui est révisé chaque année : les recopier ici les figerait à la date de rédaction et les rendrait faux à la suivante. Le cadre général — ce qu'est une couverture vaccinale, comment les vaccins sont catégorisés — est exposé dans la fiche sur la vaccination et la couverture vaccinale en France, et le calendrier applicable est publié par Santé publique France et par le ministère chargé de la santé.
Ce que la démarche diagnostique situe
Devant un tableau respiratoire fébrile, le raisonnement ne se limite pas à la grippe : il croise les autres infections respiratoires virales, dont les coronavirus zoonotiques que décrit la fiche sur le virus MERS, et, devant une toux prolongée et quinteuse, ce qu'expose la fiche sur la coqueluche. Les autres repères figurent dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires.
Questions fréquentes
La constipation est-elle un symptôme de la grippe ?
Elle ne figure pas parmi les signes décrits par l'OMS dans sa fiche du 28 février 2025, ni dans la description de la maladie publiée par Santé publique France. Aucune source primaire accessible ne relie la grippe saisonnière à une constipation à la date de rédaction, et cette fiche ne reproduit donc aucune affirmation à ce sujet.
Quels sont les symptômes de la grippe selon l'OMS ?
Installation brutale de la fièvre, toux habituellement sèche, céphalées, douleurs musculaires et articulaires, malaise général marqué, douleurs pharyngées et écoulement nasal. Les symptômes débutent environ deux jours après la contamination et la plupart des personnes guérissent en une semaine.
Combien de temps la toux peut-elle durer ?
L'OMS indique que la toux peut être sévère et durer deux semaines ou plus, alors que la fièvre et les autres symptômes régressent en général en une semaine. C'est le symptôme qui persiste le plus longtemps.
Quelle est la différence entre grippe et syndrome grippal ?
Santé publique France définit la grippe comme une infection respiratoire aiguë due à un virus Influenza, tandis qu'un syndrome grippal peut être dû à de nombreux autres virus respiratoires circulant de l'automne à la fin de l'hiver, comme les rhinovirus ou le virus respiratoire syncytial. Les deux termes ne recouvrent pas la même chose.
Combien de temps dure l'épidémie annuelle en France ?
En France métropolitaine, Santé publique France indique que l'épidémie survient généralement entre novembre et avril, démarre le plus souvent fin décembre ou début janvier, et dure en moyenne 10 à 11 semaines. Le réseau Sentinelles estime qu'entre 788 000 et 4,6 millions de personnes consultent pour syndrome grippal lors de ces épidémies.