Virus MERS : un coronavirus zoonotique et ce que les données de notification mesurent
Le MERS-CoV est le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, identifié en 2012. Son réservoir est le dromadaire, sa transmission interhumaine reste limitée, et la létalité publiée porte sur les cas notifiés, pas sur les infections.
Le MERS-CoV — Middle East respiratory syndrome coronavirus — est un coronavirus responsable d'une maladie respiratoire virale. L'Organisation mondiale de la santé, dans sa fiche du 11 décembre 2025, indique qu'il a été identifié pour la première fois en Arabie saoudite et en Jordanie en 2012, et qu'il s'agit de l'une des trois maladies à coronavirus zoonotiques à potentiel pandémique apparues ces dernières années, avec le SRAS et la COVID-19.
Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical : elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir.
Un réservoir animal précis
L'OMS désigne le dromadaire comme réservoir primaire. Les animaux infectés ne tombent pas malades, ce qui signifie que le diagnostic chez l'animal repose entièrement sur le laboratoire.
Ce que la source retient sur la transmission :
- De l'animal à l'homme — contact direct avec des dromadaires, et possiblement de façon indirecte par la manipulation ou la consommation de produits crus ou de sécrétions, lait et urine notamment.
- D'homme à homme — possible, survenant principalement entre contacts proches (famille, foyer) et en milieu de soins. Les plus grandes flambées sont survenues dans des établissements de santé en République de Corée, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
- Aucune transmission interhumaine soutenue n'a été documentée où que ce soit dans le monde, hors du contexte de soins et de contacts rapprochés.
L'OMS rappelle qu'environ 70 % des agents pathogènes nouveaux ou émergents sont d'origine animale, le MERS-CoV en faisant partie.
Répartition et volume des cas notifiés
| Indicateur | Valeur publiée par l'OMS (11 décembre 2025) |
|---|---|
| Cas humains confirmés en laboratoire notifiés à l'OMS | plus de 2 600 |
| Part notifiée par la péninsule Arabique | 84 % |
| États membres ayant notifié des cas depuis 2012 | 27, dans toutes les régions de l'OMS |
| Létalité parmi les cas notifiés | environ 37 % |
Piège classique : lire les 37 % comme la létalité de l'infection. L'OMS elle-même précise que cette valeur est probablement surestimée, les systèmes de surveillance pouvant manquer les formes légères ou asymptomatiques. La proportion porte sur les cas notifiés, c'est-à-dire sur ceux qui ont été détectés — un dénominateur qui n'est pas celui des personnes infectées.
Depuis 2020, la même source décrit des notifications sporadiques, concentrées dans la péninsule Arabique et particulièrement en Arabie saoudite, la transmission interhumaine ayant nettement diminué avec le renforcement de la surveillance, du tri des patients respiratoires et des mesures de prévention en milieu de soins.
Le tableau clinique décrit
L'OMS décrit un spectre allant de l'absence de symptôme détectable à une atteinte respiratoire aiguë sévère et au décès. La présentation typique associe fièvre, toux et dyspnée, évoluant souvent vers une pneumonie. Des signes digestifs, dont la diarrhée, sont également rapportés. Dans les formes sévères, une défaillance respiratoire et une défaillance d'organes peuvent survenir.
Ce que la source désigne comme terrains à risque de forme sévère ou fatale : les personnes de plus de 65 ans, les personnes immunodéprimées et les personnes atteintes de maladies chroniques — insuffisance rénale, cancer, maladie pulmonaire chronique, hypertension artérielle, maladie cardiovasculaire, diabète.
Ce que la fiche ne dit pas : l'OMS indique qu'aucun vaccin ni traitement spécifique n'est homologué à ce jour et que la prise en charge est de support, adaptée à l'état clinique. Le détail relève de son texte, lié plus bas.
Ce que la démarche diagnostique recherche
La difficulté est d'emblée nommée par la source : il n'est pas toujours possible d'identifier précocement un patient infecté par le MERS-CoV sans test de laboratoire spécifique, parce que les symptômes et les autres éléments cliniques sont très semblables à ceux d'autres maladies respiratoires. C'est cette ressemblance, et non la rareté de la maladie, qui explique les transmissions nosocomiales survenues avant l'isolement des cas.
Le diagnostic différentiel est donc celui d'une infection respiratoire fébrile. Il croise les infections respiratoires virales saisonnières, dont la grippe est le type, les infections des voies aériennes supérieures d'évolution banale que décrit la fiche sur la rhinopharyngite, et, devant un tableau respiratoire au retour d'un séjour, la tuberculose. Chez un patient revenant d'une zone d'endémie avec un tableau fébrile non respiratoire, le raisonnement bascule vers d'autres zoonoses émergentes, comme celui qu'expose la fiche sur la fièvre de Lassa. Les autres repères de ce champ figurent dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le virus MERS ?
Le MERS-CoV est le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, identifié pour la première fois en Arabie saoudite et en Jordanie en 2012. L'OMS le classe parmi les trois maladies à coronavirus zoonotiques à potentiel pandémique apparues ces dernières années, avec le SRAS et la COVID-19.
Quel est le réservoir du MERS-CoV ?
Le dromadaire. L'OMS précise que les dromadaires infectés ne tombent pas malades, si bien que le diagnostic chez l'animal repose sur le laboratoire. L'infection humaine survient par contact direct avec les animaux, et possiblement de façon indirecte par des produits crus ou des sécrétions.
Le virus se transmet-il entre personnes ?
Oui, mais de façon limitée. La transmission interhumaine survient principalement entre contacts proches et en milieu de soins ; l'OMS indique qu'aucune transmission interhumaine soutenue n'a été documentée dans le monde. Les plus grandes flambées sont survenues dans des établissements de santé.
Que signifient les 37 % de létalité ?
Cette proportion porte sur les cas notifiés à l'OMS, non sur l'ensemble des personnes infectées. La fiche de l'OMS du 11 décembre 2025 précise elle-même que la valeur est probablement surestimée, les systèmes de surveillance pouvant manquer les formes légères ou asymptomatiques.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Par test de laboratoire spécifique. L'OMS souligne qu'il n'est pas toujours possible d'identifier précocement un patient infecté sans un tel test, les symptômes et les autres éléments cliniques étant très semblables à ceux d'autres maladies respiratoires.