Antithyroïdiens de synthèse dans l'hyperthyroïdie : effets indésirables et surveillance

Le Néo-Mercazole appartient aux antithyroïdiens de synthèse, utilisés dans l'hyperthyroïdie. Leurs effets indésirables sont documentés, hiérarchisés, et c'est ce qui justifie la surveillance qui les accompagne.

La requête Néo-Mercazole effets secondaires désigne en réalité une classe entière : les antithyroïdiens de synthèse, dont le carbimazole et le thiamazole (synonyme : méthimazole) sont les représentants les plus prescrits en France. Leurs profils d'effets indésirables se recoupent largement, et c'est le profil de classe qui est décrit ici.

Cette fiche est un repère documentaire : elle n'est pas un avis médical, ne remplace pas la notice ni la consultation, ne donne aucune posologie, aucun rythme d'administration et aucune conduite à tenir. La prescription, l'adaptation et l'arrêt d'un traitement appartiennent au médecin qui suit le patient.

Un point de vocabulaire d'abord, parce qu'il gouverne la lecture : l'item du Collège des enseignants d'endocrinologie (CEEDMM, août 2022) rappelle que l'effet de ces molécules est purement suspensif — elles inhibent la synthèse des hormones thyroïdiennes sans traiter la cause de l'hyperthyroïdie. Le traitement encadre donc une maladie qui continue d'exister en dessous.

L'effet indésirable qui organise toute la surveillance

L'agranulocytose — effondrement des polynucléaires neutrophiles — est rare mais c'est elle qui explique le dispositif de surveillance. Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) du carbimazole publié par l'ANSM est explicite : « Des cas mortels d'agranulocytose dus au carbimazole ayant été rapportés… », et il subordonne la prescription à l'information du patient.

Deux sources de référence chiffrent ce risque différemment, et il faut le savoir plutôt que de choisir :

SourceFréquence retenue pour l'agranulocytose
RCP du carbimazole, ANSM« fréquence de l'ordre de 0,7 % »
Item 242 — Hyperthyroïdie, CEEDMM, août 20220,1 %

Ce que l'écart signifie : les deux textes ne comptent pas la même chose ni sur la même population, et aucun des deux n'est « faux ». Une fiche qui n'en citerait qu'un donnerait une fausse impression de précision. L'ordre de grandeur commun est celui d'un événement rare et grave, ce qui est exactement le profil qui justifie une surveillance systématique plutôt qu'une surveillance à la demande.

Ce que la surveillance existe pour faire : le RCP prévoit un contrôle de la numération et de la formule sanguine avant l'instauration puis de façon répétée pendant la période initiale du traitement, dont il fixe lui-même le rythme. Il prévoit également que le patient soit averti des signes devant conduire à un contrôle immédiat de l'hémogramme : fièvre, angine, ulcérations buccales, ecchymoses, saignements, malaise. Cette information relève du prescripteur et de la notice, pas de cette fiche. Le mécanisme lui-même est détaillé dans la fiche agranulocytose médicamenteuse.

Les autres effets indésirables nommés par les sources

L'item CEEDMM d'août 2022 classe les effets indésirables majeurs des antithyroïdiens de synthèse ainsi :

L'ANSM a par ailleurs diffusé une information de sécurité consacrée aux spécialités contenant du carbimazole ou du thiamazole, portant sur deux points : le risque de pancréatite aiguë, avec contre-indication en cas d'antécédent de pancréatite aiguë sous ces molécules, et une recommandation renforcée concernant la contraception, ces médicaments étant susceptibles de provoquer des malformations congénitales en cas d'administration pendant la grossesse. Le document est lié en fin de page.

Ce que la fiche ne dit pas : la question de la photosensibilité, souvent recherchée sous la formule « et le soleil », n'a pas pu être rattachée à une mention du RCP consulté ; elle n'est donc ni affirmée ni écartée ici. La notice du produit effectivement prescrit et le pharmacien sont les sources à interroger.

Les contre-indications listées par le RCP du carbimazole méritent d'être connues parce qu'elles expliquent certains refus de prescription : hypersensibilité, cancer TSH-dépendant de la thyroïde, affections hématologiques graves préexistantes, insuffisance hépatique, allaitement.

La maladie que ce traitement encadre

L'hyperthyroïdie est la conséquence d'un excès d'hormones thyroïdiennes au niveau des tissus cibles — ce que l'item CEEDMM nomme syndrome de thyrotoxicose. Biologiquement, le même texte pose que « la TSH est constamment effondrée en cas d'hyperthyroïdie », la TSH étant l'examen de première intention et la T4 libre servant à apprécier l'importance de la thyrotoxicose.

Les fréquences des signes cliniques, telles que l'item les donne : tachycardie de repos 96 %, nervosité 93 %, asthénie 88 %, palpitations 86 %, amaigrissement 83 %, thermophobie 82 %, hypersudation 80 %.

En Europe, le même item range les causes par ordre décroissant de fréquence : maladie de Basedow, goitre multinodulaire toxique, adénome toxique. Les deux dernières s'inscrivent dans l'histoire naturelle d'un goitre ancien. Le retentissement cardiaque explique par ailleurs qu'une fibrillation atriale fasse partie des circonstances de découverte, et la distinction entre formes patentes et formes frustes est traitée dans la fiche dysthyroïdie. L'ensemble des repères de la spécialité est regroupé dans la rubrique endocrinologie et nutrition.

Questions fréquentes

Quels sont les effets indésirables les plus graves des antithyroïdiens de synthèse ?

L'item 242 du CEEDMM (août 2022) retient comme effets majeurs l'agranulocytose, l'hépatite, les vascularites et la pancréatite, en plus d'effets cutanés mineurs. L'agranulocytose est celle qui organise la surveillance, parce que des cas mortels ont été rapportés, comme le rappelle le résumé des caractéristiques du produit publié par l'ANSM.

À quelle fréquence survient l'agranulocytose sous carbimazole ?

Les sources divergent et cette fiche le dit plutôt que de trancher : le RCP publié par l'ANSM parle d'une fréquence « de l'ordre de 0,7 % », l'item CEEDMM d'août 2022 retient 0,1 %. Les deux décrivent un événement rare mais grave. Les deux textes sont liés en bas de page.

Pourquoi une prise de sang est-elle demandée au début du traitement ?

Pour détecter une baisse des polynucléaires neutrophiles avant qu'elle ne se manifeste cliniquement. Le RCP du carbimazole prévoit une numération et une formule sanguines avant l'instauration puis de façon répétée pendant la période initiale. Le rythme exact figure dans le RCP et dans l'ordonnance, et cette fiche ne le reproduit pas.

Ces médicaments guérissent-ils l'hyperthyroïdie ?

L'item CEEDMM précise que leur effet est purement suspensif : ils inhibent la synthèse des hormones thyroïdiennes sans agir sur la cause. La stratégie au long cours, y compris les alternatives à la forme médicamenteuse, relève du texte des sociétés savantes et de la discussion avec l'endocrinologue, pas de cette page.

Que dit l'ANSM sur la grossesse et la contraception ?

Son information de sécurité consacrée au carbimazole et au thiamazole porte une recommandation renforcée concernant la contraception : ces médicaments sont susceptibles de provoquer des malformations congénitales en cas d'administration pendant la grossesse. Le même document signale un risque de pancréatite aiguë et une contre-indication en cas d'antécédent.