Fibrillation atriale : du sigle ACFA à la lecture de l'électrocardiogramme
ACFA, fibrillation auriculaire et fibrillation atriale désignent le même trouble du rythme. Le vocabulaire a changé, l'électrocardiogramme non.
Trois désignations circulent pour une même chose. ACFA est l'abréviation d'arythmie complète par fibrillation auriculaire, formulation traditionnelle de la cardiologie française. Fibrillation auriculaire en est la forme abrégée. Fibrillation atriale (FA) est le terme en usage aujourd'hui, l'adjectif atrial ayant remplacé auriculaire dans la nomenclature anatomique. Ces trois formes désignent le même trouble du rythme, et le mot complète renvoie à l'irrégularité totale du rythme ventriculaire qui en résulte.
La fibrillation atriale est une activité électrique atriale désorganisée et rapide, qui remplace l'activité sinusale coordonnée. Les atriums ne se contractent plus efficacement, et le nœud atrio-ventriculaire ne laisse passer qu'une fraction variable des influx — d'où un rythme ventriculaire irrégulier.
Cette fiche est un repère de lecture et non un avis médical : elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir. La décision revient au professionnel qui prend en charge la personne.
Ce que l'électrocardiogramme montre
| Élément | Ce qui est décrit |
|---|---|
| Ondes P | absentes ; elles ne sont remplacées par aucune activité atriale organisée |
| Ligne de base | trémulation, oscillations fines et irrégulières, mieux visibles en V1 et en D2 |
| Intervalles RR | irréguliers, sans aucune périodicité — l'irrégularité est le signe cardinal |
| Complexes QRS | habituellement fins, sauf bloc de branche associé ou conduction aberrante |
Piège classique : c'est l'irrégularité des RR, et non la fréquence, qui fait le diagnostic. Une fibrillation atriale peut être lente, rapide ou de fréquence normale ; aucune de ces situations ne la rend plus ou moins présente.
Il ne faut pas confondre la fibrillation atriale avec ce qu'un compte rendu de Holter appelle hyperexcitabilité atriale : cette formule décrit la présence d'extrasystoles atriales, qui sont des battements prématurés isolés et non une fibrillation. De même, une dilatation bi-atriale décrite en échocardiographie est une mesure de cavités, pas un rythme.
Les formes décrites
Les textes de référence distinguent la fibrillation atriale paroxystique, persistante, persistante de longue durée et permanente, selon la durée des épisodes et selon qu'une restauration du rythme sinusal est encore recherchée.
Ce que la fiche ne dit pas : les durées chiffrées qui séparent ces catégories. Elles appartiennent aux recommandations européennes sur la fibrillation atriale, publiées en 2024 par l'European Society of Cardiology dans l'European Heart Journal et liées en fin de fiche.
Une entité voisine mérite d'être nommée : la maladie rythmique de l'oreillette, ou syndrome bradycardie-tachycardie, qui associe des épisodes de fibrillation atriale à une dysfonction sinusale — le versant conduction est traité sur la fiche troubles de la conduction intracardiaque.
Le risque embolique et le score qui l'évalue
La perte de contraction atriale favorise la stase, et la stase favorise la formation d'un thrombus dans l'atrium gauche, avec un risque d'embolie artérielle. C'est la raison pour laquelle l'évaluation de ce risque occupe une place centrale dans les textes de recommandation.
Cette évaluation repose sur un score clinique — connu sous les désignations CHA₂DS₂-VASc et CHA₂DS₂-VA, cette dernière étant la forme retenue par le texte européen de 2024. Ce que la fiche ne dit pas : les items de ce score, leur pondération et le seuil à partir duquel une décision est envisagée. Cette information n'a pas pu être vérifiée auprès d'une source primaire accessible à la date de rédaction, et un score restitué de mémoire n'a aucune valeur clinique. Aucun traitement anticoagulant n'est nommé ni discuté ici.
Le texte européen de 2024 organise la prise en charge autour d'une démarche désignée par l'acronyme AF-CARE, qui articule la prise en charge des comorbidités, la prévention des accidents emboliques, le contrôle de la fréquence et du rythme, et la réévaluation. Le détail de chacun de ces volets appartient au texte lui-même.
Ce que la démarche diagnostique recherche
Le diagnostic est électrocardiographique et suppose un enregistrement : un pouls irrégulier fait suspecter, il ne fait pas le diagnostic. Le Holter et les dispositifs d'enregistrement prolongé servent à documenter les formes paroxystiques.
La démarche cherche ensuite une cardiopathie sous-jacente et un facteur déclenchant. L'échocardiographie explore les cavités et les valves — une insuffisance mitrale ou un rétrécissement mitral sont des causes classiques — et la fibrillation atriale est elle-même un facteur fréquent de décompensation d'une insuffisance cardiaque chronique. Les autres repères sont réunis dans la rubrique cardiologie et pathologie vasculaire.
Questions fréquentes
Que veut dire ACFA ?
Arythmie complète par fibrillation auriculaire. C'est la désignation traditionnelle française de ce que l'on appelle aujourd'hui fibrillation atriale. Le mot « complète » renvoie à l'irrégularité totale du rythme ventriculaire qui résulte de l'activité atriale désorganisée.
Comment reconnaît-on une fibrillation atriale sur un ECG ?
Par trois éléments : l'absence d'ondes P, une trémulation de la ligne de base, et des intervalles RR irréguliers sans aucune périodicité. C'est l'irrégularité des RR qui est le signe cardinal ; la fréquence cardiaque, rapide ou lente, n'entre pas dans la définition.
Hyperexcitabilité atriale et fibrillation atriale, est-ce la même chose ?
Non. « Hyperexcitabilité atriale » est une formule de compte rendu décrivant la présence d'extrasystoles atriales, c'est-à-dire de battements prématurés isolés nés dans les atriums. La fibrillation atriale est une activité atriale désorganisée continue. Les deux peuvent coexister.
À quoi sert le score CHA₂DS₂-VA ?
À évaluer le risque d'accident embolique chez une personne en fibrillation atriale, afin d'éclairer une décision thérapeutique. Cette fiche ne reproduit ni ses items, ni leur pondération, ni son seuil, et ne nomme aucun traitement : cette information appartient au texte européen de 2024 lié ici.
Le syndrome de Wolff-Parkinson-White a-t-il un rapport avec la fibrillation atriale ?
Ce syndrome correspond à l'existence d'une voie de conduction accessoire entre atriums et ventricules. Sa rencontre avec une fibrillation atriale constitue une situation particulière, décrite comme à risque dans les textes de référence, parce que la voie accessoire peut conduire rapidement vers les ventricules. Cette fiche ne dit rien de sa prise en charge.