Giardiose humaine : du portage silencieux à la diarrhée persistante
La giardiose, ou giardiase, est une parasitose intestinale due au protozoaire *Giardia duodenalis*. Son spectre va du portage sans symptôme à une diarrhée persistante avec malabsorption, ce qui explique qu'elle soit souvent cherchée tard.
La giardiose est une infection de l'intestin grêle due à un protozoaire flagellé, Giardia duodenalis — également nommé Giardia lamblia ou Giardia intestinalis dans la littérature, les trois désignations renvoyant au même parasite. La revue Giardia duodenalis: Biology and Pathogenesis, parue dans Clinical Microbiology Reviews en 2021, souligne que l'organisme reste non invasif : il vit dans la lumière intestinale, sans franchir la muqueuse.
Cette fiche est un repère de lecture. Elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir ; la décision revient au professionnel qui prend en charge le patient.
Deux orthographes, un seul parasite
Le vocabulaire est une source de confusion à lui seul, et il vaut d'être posé avant le reste.
| Forme rencontrée | Statut |
|---|---|
| giardiose | suffixe -ose, conforme à l'usage français pour les parasitoses |
| giardiase | suffixe -ase, calqué sur l'anglais giardiasis, très répandu |
| gardiase, giardase, giardiose | variantes de saisie, même maladie |
| Giardia lamblia, Giardia intestinalis, Giardia duodenalis | trois noms du même protozoaire |
Aucune de ces graphies ne désigne une entité différente. La suite emploie indifféremment les deux formes françaises les plus courantes.
Comment l'infection se contracte
La transmission est féco-orale. La revue Giardiasis: An Overview, parue dans Recent Patents on Inflammation & Allergy Drug Discovery en 2019, en fait une cause importante de diarrhée d'origine hydrique et alimentaire, de foyers en collectivité de jeunes enfants et de diarrhée du voyageur.
Ce que la source retient comme facteurs de risque :
- les enfants accueillis en collectivité et les personnes qui y travaillent ;
- les personnes en institution ;
- les voyageurs en zone d'endémie ;
- l'ingestion d'eau contaminée, y compris d'eau de loisir ;
- l'immunodépression et la mucoviscidose ;
- les rapports oro-anaux.
La même source indique que la purification des réseaux d'eau constitue une mesure préventive importante — ce qui situe la giardiose du côté des maladies liées à la qualité de l'eau plutôt que du côté des zoonoses de contact.
Le spectre clinique, et pourquoi il retarde le diagnostic
Ce que les sources retiennent : la revue de 2019 indique qu'environ 50 à 75 % des enfants infectés sont asymptomatiques ; les autres présentent une diarrhée aiguë ou chronique.
La revue de Clinical Microbiology Reviews (2021) décrit un éventail de manifestations précoces « remarquable », allant de l'absence de symptôme à une diarrhée persistante avec perte de poids. Elle nomme aussi deux conséquences plus tardives :
- un retard de croissance chez des enfants qui n'avaient présenté aucun symptôme évident ;
- une fréquence élevée de syndrome de l'intestin irritable post-infectieux.
Piège classique : chercher la giardiose uniquement devant une diarrhée aiguë. C'est la forme persistante, avec malabsorption et amaigrissement, qui pose le plus de problèmes diagnostiques, parce qu'elle ressemble à des affections chroniques non infectieuses. Le tableau de diarrhée chronique avec amaigrissement croise ainsi celui de la maladie cœliaque, et la persistance de troubles fonctionnels après l'épisode rejoint ce que décrit la fiche sur la colopathie fonctionnelle et le syndrome de l'intestin irritable.
Ce que la démarche diagnostique recherche
Le diagnostic est parasitologique et repose sur l'examen des selles, mais les techniques ne se valent pas. La revue de 2019 compare explicitement :
| Technique | Ce que la source en dit |
|---|---|
| Examen microscopique des selles | recherche des trophozoïtes ou des kystes ; référence historique |
| Immunofluorescence directe | détecte les organismes intacts ; sensibilité et spécificité améliorées |
| Immuno-enzymologie (EIA) | détecte les antigènes solubles ; sensibilité et spécificité améliorées |
| PCR multiplex en temps réel | détecte des gènes spécifiques du parasite ; sensibilité et spécificité améliorées |
La source conclut que les trois dernières techniques ont une sensibilité et une spécificité supérieures à l'examen microscopique.
Ce que la fiche ne dit pas : les molécules, les schémas et les durées. Les deux revues citées nomment des traitements et discutent des résistances ; ces éléments n'ont pas leur place ici et figurent dans les textes liés.
Sur le versant du diagnostic différentiel, une diarrhée infectieuse aiguë relève d'un raisonnement distinct, celui qu'expose la fiche sur la salmonellose, et la découverte d'un parasite intestinal chez un enfant fait souvent surgir la question d'une autre parasitose, traitée dans la fiche sur l'oxyurose. Les autres repères du champ infectieux sont réunis dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires.
Questions fréquentes
Giardiose ou giardiase : quelle est la bonne orthographe ?
Les deux désignent la même parasitose. Giardiose suit l'usage français des noms de parasitoses en -ose ; giardiase est calqué sur l'anglais giardiasis et reste très répandu dans la littérature francophone. Le parasite lui-même porte trois noms équivalents : Giardia duodenalis, Giardia lamblia et Giardia intestinalis.
Quels sont les symptômes de la giardiose chez l'adulte ?
Les sources décrivent un spectre, non un tableau unique : de l'absence de symptôme à une diarrhée aiguë, et à une diarrhée persistante avec perte de poids et malabsorption. La revue parue dans Clinical Microbiology Reviews en 2021 qualifie cet éventail de manifestations de remarquable, ce qui explique la fréquence des diagnostics tardifs.
Peut-on être porteur sans être malade ?
Oui. La revue de 2019 indique qu'environ 50 à 75 % des enfants infectés sont asymptomatiques. Le portage sans symptôme est donc la situation la plus fréquente dans cette population, ce qui n'exclut pas des conséquences à distance : la littérature décrit un retard de croissance chez des enfants n'ayant présenté aucun symptôme évident.
Comment la giardiose se transmet-elle ?
Par voie féco-orale, le plus souvent par ingestion d'eau ou d'aliments contaminés, ou par transmission de personne à personne. Les facteurs de risque cités incluent la vie en collectivité de jeunes enfants, l'institution, le voyage en zone d'endémie, l'eau de loisir, l'immunodépression et la mucoviscidose.
Quelles complications sont décrites après l'infection ?
La revue de Clinical Microbiology Reviews (2021) mentionne deux suites à distance : un retard de croissance chez l'enfant, y compris en l'absence de symptôme initial, et une fréquence élevée de syndrome de l'intestin irritable post-infectieux. Cette fiche ne donne aucun chiffre de fréquence pour ces complications, faute de valeur vérifiable auprès d'une source primaire applicable à la population française.