Hypertension artérielle de l'adulte : lire les deux chiffres d'une pression
Une pression artérielle se lit en deux nombres, et la plupart des questions posées à son sujet — valeur haute, valeur basse, tension pincée — portent sur leur relation.
Une mesure de pression artérielle donne deux valeurs. La pression artérielle systolique (PAS) est la pression maximale atteinte dans l'artère pendant l'éjection ventriculaire ; c'est le premier chiffre. La pression artérielle diastolique (PAD) est la pression minimale, mesurée entre deux éjections ; c'est le second. Les abréviations PAS et PAD ne désignent rien d'autre que ces deux grandeurs.
Leur différence porte un nom : la pression pulsée, ou pression différentielle, définie comme PAS moins PAD. Quand cette différence est faible, on parle couramment de tension pincée — une pression notée 10/8 en est l'exemple typique.
Cette fiche est un repère de lecture et non un avis médical : elle ne remplace pas une consultation, ne comporte aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir. Toute décision appartient au professionnel qui prend en charge la personne.
Ce que la fiche ne donne pas : les valeurs
Une partie des recherches qui mènent ici demandent un chiffre — la valeur au-delà de laquelle une pression est dite élevée, celle en deçà de laquelle elle est dite basse, les bornes de chaque grade.
Ces valeurs ne sont pas publiées ici. Elles appartiennent au texte de recommandation en vigueur, qui est, pour l'Europe, celui publié en 2024 par l'European Society of Cardiology, intitulé 2024 ESC Guidelines for the management of elevated blood pressure and hypertension et lié en fin de fiche. Son titre même signale un changement de cadre : il traite la pression artérielle élevée à côté de l'hypertension artérielle constituée, ce qui modifie la manière dont les valeurs intermédiaires sont désignées. Reproduire des bornes issues d'une édition antérieure reviendrait donc à publier une catégorisation périmée.
Ce que « grade » et « stade » recouvrent : deux notions différentes que l'usage confond. Le grade qualifie le niveau de la pression mesurée. Le stade renvoie au retentissement sur les organes cibles et au risque cardiovasculaire global. Une même pression peut donc correspondre à des situations très différentes selon le terrain, et c'est la raison pour laquelle un chiffre isolé ne suffit à rien.
La mesure elle-même
Le résultat dépend autant des conditions de mesure que de la pression réelle. Les éléments décrits dans la littérature sont les suivants :
- une période de repos avant la mesure, en position assise, dos appuyé et bras soutenu à hauteur du cœur ;
- des mesures répétées, et non une valeur unique ;
- une mesure aux deux bras lors du premier examen, une asymétrie devant être documentée — elle peut relever d'une sténose artérielle, comme dans l'artérite de Takayasu ;
- un brassard adapté à la circonférence du bras ;
- le recours aux mesures en dehors du cabinet — automesure à domicile ou mesure ambulatoire sur vingt-quatre heures — pour s'affranchir de l'effet du contexte médical.
Piège classique : une pression élevée constatée une fois ne définit rien. C'est la répétition, et la concordance entre mesures de cabinet et mesures hors cabinet, qui fonde le constat.
Ce que la mesure française montre
Santé publique France a publié le 16 mai 2023, dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 8, une synthèse intitulée Épidémiologie de l'hypertension artérielle en France : prévalence élevée et manque de sensibilisation de la population, liée ci-dessous. Ce texte rapporte, après correction de la variabilité de la pression artérielle, une prévalence de l'hypertension artérielle de 27,9 % [25,5–30,5] chez l'adulte, soit environ 17 millions de personnes de 18 ans et plus.
Il retient également que seul un hypertendu sur deux avait connaissance de son hypertension, que moins d'un patient hypertendu sur deux était traité, et que près de 6 millions d'adultes sont hypertendus sans le savoir tandis que plus de 4 millions d'hypertendus traités n'ont pas une pression artérielle contrôlée.
Et quand la pression est basse
Une pression artérielle basse n'est pas le symétrique d'une pression élevée : elle ne se définit pas d'abord par une valeur, mais par sa tolérance et par les circonstances dans lesquelles elle survient. La situation la plus documentée est la chute de pression au passage en position debout, traitée sur la fiche hypotension orthostatique, qui décrit aussi le test correspondant.
Ce que la démarche diagnostique recherche
Au-delà du chiffre, la démarche cherche trois choses : le retentissement sur les organes cibles — cœur, rein, rétine, vaisseaux ; les facteurs de risque associés ; et l'existence d'une cause secondaire, notamment rénovasculaire, comme dans l'artériopathie athéromateuse des artères rénales. Une poussée tensionnelle figure par ailleurs parmi les facteurs de décompensation de l'insuffisance cardiaque aiguë. Les autres repères sont réunis dans la rubrique cardiologie et pathologie vasculaire.
Questions fréquentes
Que signifient PAS et PAD ?
Pression artérielle systolique et pression artérielle diastolique : le premier et le second chiffre d'une mesure de tension. La systolique est la pression maximale pendant l'éjection ventriculaire, la diastolique la pression minimale entre deux éjections.
Qu'est-ce qu'une tension pincée ?
Une pression artérielle dont les deux chiffres sont proches, comme 10/8. La différence entre eux, appelée pression pulsée ou pression différentielle, est alors faible. Cette fiche ne donne aucun seuil et ne dit pas ce qu'une telle mesure implique.
À partir de quelle valeur parle-t-on d'hypertension ?
Cette fiche ne publie pas cette valeur. Les bornes appartiennent au texte de recommandation en vigueur, qui est pour l'Europe celui publié en 2024 par l'European Society of Cardiology et lié sur cette page — un texte dont le cadre a évolué, puisqu'il traite la pression artérielle élevée à côté de l'hypertension constituée.
Quelle différence entre grade et stade d'hypertension ?
Le grade qualifie le niveau de la pression mesurée ; le stade renvoie au retentissement sur les organes cibles et au risque cardiovasculaire global. Deux personnes ayant la même pression peuvent donc relever de situations différentes, et c'est cette distinction que confond l'usage courant.
Combien de personnes sont hypertendues en France ?
Santé publique France rapporte, dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 8 du 16 mai 2023, une prévalence de 27,9 % chez l'adulte après correction de la variabilité tensionnelle, soit environ 17 millions de personnes de 18 ans et plus, dont près de 6 millions l'ignoreraient.