Anaplasmose granulocytaire humaine : ce que le terme désigne

L'anaplasmose partage son vecteur avec la borréliose de Lyme, mais ni son agent, ni son tableau, ni ses anomalies biologiques. C'est une fièvre avec cytopénies.

L'anaplasmose granulocytaire humaine est une infection bactérienne transmise par les tiques, due à Anaplasma phagocytophilum. Santé publique France la fait figurer, dans son dossier sur les maladies transmises par les tiques mis à jour le 20 février 2026, parmi les infections transmises en France en dehors de la borréliose de Lyme, et lui attribue trois caractéristiques : un tableau de fièvre avec cytopénies, plus ou moins une cytolyse hépatique, l'agent Anaplasma phagocytophilum, et le vecteur Ixodes ricinus.

Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical : elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir.

Le même vecteur, une autre maladie

C'est le point utile. Ixodes ricinus est également le vecteur de la borréliose de Lyme et de l'encéphalite à tiques : une seule piqûre peut donc exposer à plusieurs agents, et les tableaux ne se ressemblent pas.

MaladieAgentTableau retenu par Santé publique France
Anaplasmose granulocytaire humaineAnaplasma phagocytophilumfièvre, cytopénies ± cytolyse hépatique
BabésioseBabesia spp.fièvre ± splénomégalie
Borréliose de LymeBorrelia burgdorferi sensu latoérythème migrant, puis formes disséminées

Ce que le tableau met en évidence : l'anaplasmose ne comporte pas de lésion cutanée caractéristique. Le signe d'appel n'est pas dermatologique mais hématologique, et il apparaît sur un bilan, pas à l'examen de la peau. Santé publique France précise par ailleurs que la surveillance de ces infections repose sur leurs centres nationaux de référence respectifs.

Ce que la littérature ajoute

La revue Human granulocytic anaplasmosis, publiée dans Infectious Disease Clinics of North America en 2015, décrit la maladie dans le contexte nord-américain, où elle est une cause fréquente de fièvre indifférenciée dans le Nord-Est et le Haut-Midwest des États-Unis.

Ce que ces chiffres ne sont pas : des données françaises. Ils proviennent d'une revue décrivant l'épidémiologie nord-américaine, et cette fiche ne les transpose pas. Aucune source accessible au moment de la rédaction n'a fourni d'incidence française de l'anaplasmose.

Ce que la fiche ne dit pas : aucun traitement, aucune molécule, aucune durée. La revue liée en fin de page les expose.

Pourquoi le diagnostic est difficile

Deux éléments se combinent, et ils sont donnés par les deux sources.

Une piqûre de tique récente n'est donc pas un élément de diagnostic mais un élément de contexte — et, comme le rappelle Santé publique France à propos de la borréliose, une piqûre de tique peut passer inaperçue.

La question de la co-infection est celle qui relie cette fiche à ses voisines : la même revue rapporte des co-infections avec Borrelia burgdorferi et Babesia microti, sans retenir de synergie démontrée. Les autres repères de ce champ sont réunis dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires, et le site est présenté sur la page d'accueil.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'anaplasmose granulocytaire humaine ?

Une infection transmise par les tiques, due à Anaplasma phagocytophilum. Santé publique France la décrit par un tableau de fièvre avec cytopénies, avec ou sans cytolyse hépatique, transmise en France par Ixodes ricinus, la même tique que la borréliose de Lyme.

L'anaplasmose donne-t-elle une lésion cutanée ?

Le tableau clinique retenu par Santé publique France ne comporte pas de lésion cutanée caractéristique, contrairement à l'érythème migrant de la borréliose de Lyme ou à l'escarre d'inoculation des rickettsioses. Ce sont les anomalies de la numération qui orientent.

Peut-on avoir une anaplasmose et une maladie de Lyme en même temps ?

La revue publiée dans Infectious Disease Clinics of North America en 2015 rapporte que des co-infections avec Borrelia burgdorferi et Babesia microti surviennent, tout en précisant qu'il existe peu d'arguments en faveur d'une synergie des maladies.

L'anaplasmose est-elle grave ?

La même revue décrit une maladie qui guérit facilement dans la plupart des cas, mais rapporte que jusqu'à 3 % des patients développent des complications mettant en jeu le pronostic vital et que près de 1 % décèdent. Ces valeurs se rapportent à la population nord-américaine décrite par cette revue.

Existe-t-il un vaccin contre l'anaplasmose ?

Non. La revue citée indique explicitement qu'aucun vaccin n'est disponible. Cette fiche ne donne par ailleurs aucune mesure de prévention individuelle.