Trichomonas vaginalis : le parasite, la trichomonase et ce que les sources en disent
*Trichomonas vaginalis* est un protozoaire qui infecte le tractus urogénital et se transmet lors des rapports sexuels. L'infection qu'il provoque, la trichomonase, est souvent silencieuse, en particulier chez l'homme.
Trichomonas vaginalis est un protozoaire sexuellement transmissible qui infecte le tractus urogénital. L'Organisation mondiale de la santé, dans sa fiche du 21 novembre 2025, en fait l'infection sexuellement transmissible non virale la plus fréquente, et une cause commune d'écoulement vaginal chez la femme en âge de procréer.
Cette fiche est un repère de lecture. Elle ne remplace pas une consultation, ne comporte aucune posologie, aucun conseil de dépistage et aucune conduite à tenir. Aucune image clinique n'est publiée sur ce site.
Le vocabulaire, d'abord
Trois mots circulent pour une seule réalité, et la confusion est fréquente.
| Terme | Ce qu'il désigne |
|---|---|
| Trichomonas vaginalis | le parasite lui-même, un protozoaire flagellé |
| Trichomonase (ou trichomonose) | l'infection qu'il provoque |
| Trichomonas seul | le genre ; d'autres espèces de ce genre n'ont pas le même tropisme |
Employer « trichomonas » pour nommer la maladie est un raccourci d'usage, pas une désignation exacte : le parasite est Trichomonas vaginalis, la maladie est la trichomonase.
Fréquence : ce que l'OMS publie, et pour quelle année
Ce que la source retient : environ 156 millions de nouveaux cas d'infection à T. vaginalis chez les personnes âgées de 15 à 49 ans, en 2020, à l'échelle mondiale — dont 73,7 millions chez les femmes et 82,6 millions chez les hommes. Environ un tiers des nouvelles infections de cette tranche d'âge surviennent dans la Région africaine de l'OMS, suivie par la Région des Amériques.
Piège classique : citer ce chiffre comme une donnée du présent. Il porte sur l'année 2020 et il est publié comme tel ; aucune valeur française, ni aucune donnée plus récente, n'a pu être vérifiée auprès d'une source primaire accessible à la date de rédaction, et cette fiche n'en avance donc aucune.
Ce que l'infection provoque, et chez qui
L'asymétrie entre les sexes est la donnée la plus utile de cette fiche.
| Femmes | Hommes | |
|---|---|---|
| Forme habituelle | symptomatique ou asymptomatique | le plus souvent asymptomatique |
| Signes cités par l'OMS | écoulement vaginal, pouvant être purulent ; prurit ; douleur à la miction ; douleur lors des rapports ; vagin rouge et douloureux | écoulement urétral ou urétrite ; douleur à la miction ; irritation pénienne |
| Proportion publiée | plus de 50 % des femmes infectées ont un écoulement vaginal | environ 10 % des hommes ont une urétrite ou un écoulement |
Ce que la source retient également : chez la femme, lorsque T. vaginalis est présent, l'écoulement peut être constaté au spéculum lors de l'examen réalisé par un professionnel de santé.
Ce qui n'a pas pu être vérifié : la durée d'incubation. La fiche de l'OMS ne l'indique pas, et aucune valeur n'a pu être confirmée auprès d'une source primaire accessible à la date de rédaction. Cette fiche ne reproduit donc aucun délai, alors même que c'est l'une des questions les plus posées sur ce sujet. Un délai chiffré non vérifié serait ici plus nuisible qu'une absence de réponse.
Ce que la démarche diagnostique recherche
L'OMS décrit une démarche en trois temps : l'interrogatoire médical et sexuel, l'examen génital comprenant l'examen au spéculum et la palpation, puis les examens de laboratoire.
Ce que la source nomme comme options diagnostiques :
- l'examen microscopique d'un prélèvement ;
- la détection d'antigène ;
- les tests moléculaires, dont les tests d'amplification des acides nucléiques (TAAN), considérés dans certains contextes comme la référence pour le diagnostic de T. vaginalis.
Les prélèvements vaginaux ou endocervicaux sont le type de prélèvement privilégié. Là où la capacité diagnostique n'est pas disponible, l'OMS indique qu'une approche syndromique de prise en charge est recommandée.
La même source précise qu'en présence de T. vaginalis, ou d'un écoulement vaginal, la recherche d'autres infections sexuellement transmissibles est recommandée — ce qui inscrit le raisonnement dans le champ que documentent la fiche sur la syphilis et celle sur le VIH et le sida. Sur le plan parasitologique, Trichomonas vaginalis appartient au même embranchement que le protozoaire décrit dans la fiche sur la giardiose, avec un tropisme et un mode de transmission entièrement différents.
Ce que la fiche ne dit pas : ni molécule, ni schéma, ni durée de traitement, ni mesure de prévention. L'OMS indique que l'infection est curable et que des recommandations thérapeutiques existent ; elles figurent dans son texte, lié plus bas.
Complications décrites par la source
L'OMS associe une infection à T. vaginalis non traitée à des issues défavorables de grossesse : faible poids de naissance, accouchement prématuré et rupture prématurée des membranes. Elle mentionne, de façon peu fréquente, une transmission périnatale possible, à l'origine d'infections vaginales et respiratoires du nouveau-né. Elle indique enfin que l'infection est associée à un risque accru d'acquisition du VIH et, chez la femme, à un risque accru de maladie inflammatoire pelvienne.
Ces énoncés sont des associations rapportées par la source ; aucun ne constitue une évaluation individuelle de risque, et cette fiche n'en tire aucune. Les autres repères du champ infectieux sont réunis dans la rubrique maladies infectieuses et parasitaires.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que Trichomonas vaginalis ?
Un protozoaire flagellé sexuellement transmissible qui infecte le tractus urogénital. L'infection qu'il provoque s'appelle la trichomonase. L'OMS en fait l'infection sexuellement transmissible non virale la plus fréquente.
Quelle est la durée d'incubation de la trichomonase ?
Elle n'est pas indiquée dans la fiche de l'OMS, et aucune valeur n'a pu être confirmée auprès d'une source primaire accessible à la date de rédaction. Cette fiche ne reproduit donc aucun délai chiffré sur ce point plutôt que d'avancer une valeur invérifiable.
L'infection est-elle toujours symptomatique ?
Non. Chez la femme, l'OMS indique que plus de 50 % des personnes infectées présentent un écoulement vaginal ; chez l'homme, la plupart des infections sont asymptomatiques, environ 10 % présentant une urétrite ou un écoulement urétral.
Quels signes l'OMS décrit-elle chez la femme ?
Un écoulement vaginal, principal symptôme, pouvant apparaître purulent, et pouvant s'accompagner de prurit, de douleur à la miction et de douleur lors des rapports. La source mentionne également un vagin rouge et douloureux.
Sur quoi repose le diagnostic ?
Sur l'interrogatoire médical et sexuel, sur l'examen génital comprenant l'examen au spéculum, puis sur le laboratoire : examen microscopique, détection d'antigène ou tests moléculaires, dont les tests d'amplification des acides nucléiques, considérés dans certains contextes comme la référence. Les prélèvements vaginaux ou endocervicaux sont privilégiés.