Syndrome hémolytique et urémique : ce que la triade associe et ce que la surveillance mesure

Le syndrome hémolytique et urémique associe trois anomalies simultanées. En France, il est surveillé chez l'enfant depuis 1996, et ses chiffres sont publics.

Le syndrome hémolytique et urémique, abrégé SHU, est défini par l'association simultanée de trois anomalies : une anémie hémolytique, une thrombopénie et une insuffisance rénale aiguë. Cette triade est ce que le mot désigne — pas un organe, pas un germe, mais une combinaison. Sa forme la plus fréquente chez l'enfant a une cause identifiée, et elle fait l'objet en France d'une surveillance nationale dont les chiffres sont publiés.

Repère de lecture, pas avis médical : cette fiche ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir.

La définition et la cause de la forme typique

Santé publique France définit le SHU comme « une complication principalement rénale des infections à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines », sur sa page consacrée au syndrome hémolytique et urémique pédiatrique mise à jour le 30 octobre 2025.

Deux abréviations reviennent : STEC désigne ces Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines. La forme qu'ils provoquent est appelée SHU typique, par opposition à d'autres formes qui n'en relèvent pas.

Élément de la triadeCe qu'il traduit
Anémie hémolytiqueLa destruction des globules rouges
ThrombopénieLa chute du nombre de plaquettes
Insuffisance rénale aiguëL'atteinte rénale, qui donne au syndrome sa composante « urémique »

Ce que la triade note : les trois éléments sont simultanés et biologiques. Le diagnostic ne repose donc pas sur un symptôme mais sur une combinaison de résultats, ce qui explique que le mot « SHU » apparaisse sur un compte rendu avant d'apparaître dans une conversation.

Les chiffres de la surveillance française

La surveillance du SHU pédiatrique est coordonnée par Santé publique France depuis 1996 et porte sur les enfants de moins de 15 ans. Les données publiées :

Ce que ces chiffres disent : la maladie est rare et touche très majoritairement le jeune enfant — un âge médian de 30 mois place la moitié des cas avant deux ans et demi. La proportion de 5 à 15 % décrit le devenir des infections à STEC, pas le risque d'un enfant donné.

SHU chez l'adulte : ce qui n'a pas pu être vérifié

Le dispositif de surveillance français est pédiatrique et s'arrête à 15 ans. Aucune donnée d'incidence, de présentation ou de pronostic propre à l'adulte n'a pu être vérifiée auprès d'une source primaire de la liste retenue à la date de rédaction, et cette fiche n'en publie donc aucune.

Il en va de même pour la forme dite atypique, qui n'est pas liée aux STEC : son existence est établie par l'opposition même du terme « typique », mais ni ses critères ni ses chiffres n'ont pu être confirmés auprès d'une source primaire consultable à la date de rédaction. Cette fiche se garde donc de reproduire une version mémorisée de ses définitions, et renvoie à Santé publique France et aux sociétés savantes de néphrologie pour la documentation en vigueur.

Ce que le mot « urémique » recouvre

Le terme vient de l'atteinte rénale : c'est l'insuffisance rénale aiguë qui donne son nom à la seconde moitié du syndrome. Santé publique France décrit le SHU comme une complication principalement rénale, et c'est ce qui rattache ce chapitre à la néphrologie plutôt qu'à l'hématologie, malgré les deux anomalies sanguines de la triade.

Piège classique : l'insuffisance rénale aiguë du SHU n'est pas obstructive. Elle n'a rien de commun avec l'insuffisance rénale d'amont que provoque un obstacle fixe comme le rétrécissement de l'urètre, ni avec la découverte d'un kyste du rein sur une imagerie, qui est une lésion d'organe sans traduction biologique. Les autres repères de la spécialité sont regroupés dans la rubrique urologie et néphrologie, et la manière dont ces fiches sont sourcées est décrite en page d'accueil.

Ce que cette fiche ne dit pas

Ni le traitement, ni la surveillance, ni le pronostic individuel. Ces éléments relèvent des équipes de néphrologie pédiatrique et des documents de référence, et un chiffre de pronostic détaché de la population dont il est issu n'a pas de sens. Cette fiche décrit ce que le terme désigne et ce que la surveillance française mesure, et s'arrête là.

Où lire les sources

Deux documents de Santé publique France portent les chiffres cités : la page de surveillance « Syndrome hémolytique et urémique pédiatrique », actualisée le 30 octobre 2025, et le bilan de dix années de surveillance publié en 2019, qui porte les 1 215 cas, le taux d'incidence, l'âge médian et la proportion d'infections à STEC évoluant vers un SHU.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le syndrome hémolytique et urémique ?

C'est l'association simultanée de trois anomalies : une anémie hémolytique, une thrombopénie et une insuffisance rénale aiguë. Santé publique France le décrit comme une complication principalement rénale des infections à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines.

Que veut dire « SHU typique » ?

C'est la forme liée aux Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines, désignés par l'abréviation STEC — la plus fréquente chez l'enfant. Le terme s'oppose à une forme dite atypique, qui n'en relève pas et dont les critères n'ont pas pu être vérifiés auprès d'une source primaire à la date de rédaction.

Combien de cas de SHU sont recensés en France ?

Santé publique France indique 100 à 160 cas déclarés par an, sur sa page actualisée le 30 octobre 2025. Le bilan de surveillance publié en 2019 recense 1 215 cas pédiatriques entre 2007 et 2016, soit un taux d'incidence de 1,0 cas pour 100 000 personnes-années et une moyenne de 116 cas par an.

À quel âge survient le SHU ?

La surveillance française porte sur les enfants de moins de 15 ans et rapporte un âge médian au diagnostic de 30 mois. La maladie touche donc très majoritairement le jeune enfant.

Toute infection à STEC évolue-t-elle vers un SHU ?

Non. Le bilan de surveillance publié par Santé publique France indique que les infections à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines évoluent vers un SHU dans 5 à 15 % des cas. Cette proportion décrit le devenir observé des infections, et non le risque d'un enfant en particulier.