Diverticulose colique et maladie diverticulaire : deux mots, deux situations qu'il ne faut pas confondre

La diverticulose colique est la présence de diverticules sur le côlon, sans plus. La maladie diverticulaire commence lorsqu'une complication survient, et la frontière entre les deux est la totalité de l'enjeu.

Un diverticule colique est une hernie de la muqueuse à travers la paroi musculaire du côlon, au point de passage des vaisseaux. La fiche grand public de la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) consacrée à la diverticulose colique, revue en mai 2018, décrit ces formations comme se développant progressivement avec l'âge et touchant principalement le sigmoïde et le côlon gauche.

Deux termes en découlent et ils ne décrivent pas la même chose :

TermeCe qu'il désigne
Diverticulose coliquela simple présence de diverticules : une variation anatomique, asymptomatique, sans douleur ni inflammation ni trouble du transit associés
Maladie diverticulairela survenue d'une complication : infection (diverticulite), perforation, abcès, péritonite, fistule, sténose ou hémorragie

Ce que la distinction change : la diverticulose ne se traite pas, parce qu'elle n'est pas une maladie. C'est la complication qui fait entrer dans le registre médical, et c'est elle que l'imagerie recherche.

Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical. Elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir ; toute décision revient au professionnel qui prend le patient en charge.

À quel point c'est fréquent

La même fiche SNFGE donne une progression nette avec l'âge :

Tranche d'âgeProportion de personnes porteuses de diverticules
Plus de 60 ans30 %
Plus de 70 ans50 %
Plus de 85 ans66 %
Populations africaines et orientalesmoins de 10 %

Ce que cette progression explique : après 70 ans, un compte rendu de coloscopie ou de scanner mentionnant des diverticules décrit une situation partagée par une personne sur deux. Le mot n'annonce donc rien par lui-même.

Pourquoi le sigmoïde, et pourquoi avec l'âge

Le siège n'est pas un hasard. Le diverticule n'est pas une hernie de toute la paroi mais de la seule muqueuse, poussée vers l'extérieur aux endroits où la couche musculaire est traversée par les vaisseaux qui l'irriguent — autrement dit, aux points où elle est naturellement la plus faible. Le sigmoïde réunit deux conditions qui accentuent ce mécanisme : c'est le segment colique de plus petit calibre, donc celui où la pression endoluminale est la plus élevée, et c'est celui où le contenu est le plus déshydraté.

L'âge fait le reste. La fiche SNFGE décrit une apparition progressive au fil des années, ce qui explique que la constatation de diverticules soit d'abord une donnée d'âge avant d'être une donnée de maladie. Aucune des sources consultées pour cette fiche n'attribue à la diverticulose non compliquée de symptôme propre : ni douleur, ni trouble du transit, ni ballonnement. Rapporter des symptômes à des diverticules découverts par hasard revient donc à leur prêter ce que la source leur refuse explicitement.

Les complications, une par une

La fiche SNFGE les énumère et deux d'entre elles dominent.

Facteurs augmentant le risque de complication, selon la même source : corticoïdes, anti-inflammatoires non stéroïdiens — aspirine comprise — et chimiothérapie. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont par ailleurs fréquemment impliqués dans l'hémorragie diverticulaire.

Ce que la démarche diagnostique recherche

La fiche SNFGE désigne le scanner abdomino-pelvien comme l'examen de référence en cas de suspicion de complication, la biologie confirmant par ailleurs le syndrome inflammatoire. L'examen répond à trois questions : y a-t-il une inflammation diverticulaire, y a-t-il une collection ou de l'air en dehors de la lumière digestive, et quelle est l'étendue de l'atteinte.

Piège classique : une douleur de la fosse iliaque gauche chez un adulte porteur de diverticules n'est pas nécessairement une diverticulite. La torsion d'une frange graisseuse du côlon, ou appendagite épiploïque, reproduit ce tableau et se distingue au scanner. Les autres repères de la spécialité sont réunis dans la rubrique hépato-gastro-entérologie.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre diverticulose et diverticulite ?

La diverticulose est la simple présence de diverticules sur le côlon, sans symptôme : la fiche SNFGE la décrit comme une anomalie anatomique bénigne. La diverticulite est l'infection d'un diverticule, avec douleur intense, fièvre et risque de perforation. L'une est un constat, l'autre une maladie.

Les diverticules sont-ils fréquents ?

Très, et la fréquence augmente avec l'âge. La même source indique 30 % des personnes après 60 ans, 50 % après 70 ans et 66 % après 85 ans, contre moins de 10 % dans les populations africaines et orientales.

La diverticulose se soigne-t-elle ?

La fiche SNFGE indique que la diverticulose non compliquée ne requiert aucun traitement. Cette fiche n'en dit pas davantage et ne donne aucune indication thérapeutique pour les formes compliquées, qui relèvent de la recommandation de la Haute Autorité de santé consacrée à la diverticulite colique, adoptée en novembre 2017.

Les diverticules peuvent-ils saigner ?

Oui, et c'est une complication majeure. La fiche SNFGE indique que l'hémorragie diverticulaire est la cause la plus fréquente d'hémorragie digestive basse chez l'adulte, se manifestant par des rectorragies de sang rouge, et que les anti-inflammatoires non stéroïdiens y sont fréquemment impliqués.

Quel examen fait le diagnostic d'une complication ?

La même source désigne le scanner abdomino-pelvien comme l'examen de référence en cas de suspicion de complication, le bilan sanguin confirmant par ailleurs le syndrome inflammatoire.