Syndrome occlusif de l'adulte : quatre signes, deux niveaux, trois mécanismes

Le syndrome occlusif désigne l'arrêt du transit intestinal et les signes qui l'accompagnent. Ce n'est pas un diagnostic : c'est un tableau dont la cause reste à établir.

Le syndrome occlusif est l'ensemble clinique produit par l'interruption du transit dans un segment de l'intestin. La fiche grand public de la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) consacrée à l'occlusion intestinale aiguë, revue en octobre 2019, la définit comme l'obstruction d'un segment de l'intestin, grêle ou côlon, et situe à environ 40 000 le nombre d'hospitalisations annuelles pour ce motif en France.

Le mot désigne donc un syndrome, c'est-à-dire un ensemble de signes. Il ne dit ni le niveau de l'obstacle, ni son mécanisme, ni sa cause — et ce sont ces trois questions que la démarche diagnostique doit résoudre.

Cette fiche est un repère de lecture. Elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir.

Les quatre signes

La même fiche SNFGE retient quatre symptômes typiques :

Elle cite par ailleurs, parmi les signes associés, la tachycardie, la fièvre et la déshydratation.

Ce que la combinaison note : aucun de ces quatre signes n'est spécifique isolément, et c'est leur association qui constitue le syndrome. L'ordre dans lequel ils apparaissent oriente vers le niveau de l'obstacle.

Deux niveaux

La SNFGE classe l'occlusion en « haute » et « basse » :

NiveauSegment concernéCe qui domine habituellement le tableau
Hauteintestin grêleles vomissements, précoces ; le ballonnement est moindre
Bassecôlon et rectumle ballonnement et l'arrêt des matières ; les vomissements sont plus tardifs

Trois mécanismes

La même source en distingue trois, et cette distinction gouverne tout le reste :

Piège classique : la troisième catégorie signifie qu'un syndrome occlusif peut être la conséquence d'une autre urgence abdominale plutôt qu'un problème mécanique. Une péritonite aiguë ou une pancréatite aiguë peuvent l'une et l'autre produire ce tableau sans qu'aucun obstacle n'existe.

Ce que la démarche diagnostique recherche

La SNFGE désigne le scanner comme l'examen de référence, précisant qu'il met en évidence les niveaux hydro-aériques, la localisation et le type d'obstacle, ainsi qu'une éventuelle ischémie intestinale.

L'examen répond donc à quatre questions : l'occlusion existe-t-elle ; à quel niveau ; par quel mécanisme ; et l'intestin souffre-t-il. Cette dernière question est celle qui change le degré d'urgence, et c'est aussi celle que l'examen clinique seul ne tranche pas.

Parmi les terrains à risque, la même source cite les antécédents de chirurgie abdominale — à l'origine des brides —, la maladie de Crohn et la constipation chronique sévère.

Ce que cette fiche ne dit pas : ni indication opératoire, ni délai, ni geste. La fiche SNFGE traite de la prise en charge et c'est à elle qu'il faut se reporter. Les autres repères de la spécialité sont réunis dans la rubrique hépato-gastro-entérologie.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un syndrome occlusif ?

L'ensemble des signes produits par l'interruption du transit dans un segment de l'intestin : douleur abdominale brutale, arrêt des matières et des gaz, nausées et vomissements, ballonnement. C'est un tableau clinique, pas un diagnostic : la cause reste à établir.

Quelle est la différence entre occlusion haute et occlusion basse ?

Le niveau de l'obstacle. La fiche SNFGE sur l'occlusion intestinale aiguë, revue en octobre 2019, qualifie de haute l'occlusion de l'intestin grêle et de basse celle du côlon ou du rectum. Les vomissements sont plus précoces dans la première, le ballonnement plus marqué dans la seconde.

Une occlusion peut-elle survenir sans obstacle ?

Oui. La même source décrit l'occlusion fonctionnelle, ou iléus, liée à une paralysie intestinale et rattachée à une inflammation intra-abdominale — appendicite, péritonite, pancréatite aiguë. Il n'y a alors aucun obstacle mécanique à lever.

Quelles sont les causes les plus souvent citées ?

La fiche SNFGE cite, pour l'obstruction mécanique, les tumeurs, les sténoses inflammatoires, les polypes, les bézoards, les fécalomes, les brides et adhérences postopératoires, les hernies et le volvulus. Elle désigne les antécédents de chirurgie abdominale, la maladie de Crohn et la constipation chronique sévère comme terrains à risque.

Quel examen est l'examen de référence ?

Le scanner, selon la même source, qui précise qu'il montre les niveaux hydro-aériques, la localisation et le type d'obstacle, et permet de rechercher une ischémie intestinale.