Rhume de hanche : ce que la synovite aiguë transitoire désigne et ce qu'il faut écarter
Le « rhume de hanche » est le nom courant de la synovite aiguë transitoire de l'enfant, un épanchement articulaire bénin et régressif. Toute la difficulté consiste à ne pas confondre ce diagnostic avec une arthrite septique.
Le rhume de hanche est la désignation familière de la synovite aiguë transitoire de la hanche, une inflammation passagère de la synoviale avec épanchement articulaire, survenant chez l'enfant, souvent dans les suites d'un épisode infectieux des voies aériennes. Le mot « rhume » ne désigne ici ni un virus identifié ni une infection de l'articulation : c'est une image, et elle explique une bonne part des malentendus.
Une précision d'emblée, parce que la recherche la réclame : l'expression « rhume de hanche chez l'adulte » n'a pas de correspondance clinique établie. La synovite aiguë transitoire est une entité pédiatrique. Un épanchement de hanche chez un adulte relève d'autres causes et d'une autre démarche, et il ne se range pas sous ce terme.
Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical : elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir. Toute décision concernant un enfant revient au professionnel qui le prend en charge.
Ce que le tableau associe
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Âge | enfant, le plus souvent d'âge scolaire |
| Présentation | boiterie ou refus d'appui d'apparition récente |
| Douleur | hanche, mais fréquemment projetée à la cuisse ou au genou |
| Examen | limitation douloureuse des rotations de hanche |
| Contexte fréquent | épisode infectieux des voies aériennes récent |
| Évolution | régressive, par définition |
Le caractère transitoire est constitutif du diagnostic : il ne peut être affirmé qu'après coup, ce qui explique pourquoi la démarche est d'abord une démarche d'exclusion.
Les critères de Kocher : ce qu'ils prédisent, et ce qu'ils ne transportent pas
La question centrale est la distinction avec une arthrite septique de hanche, qui est une urgence. Une règle de prédiction clinique a été proposée en 1999 pour l'aborder, et elle est reproduite ici telle que l'énonce une étude parue dans le Journal of Bone and Joint Surgery (British Volume) en 2010.
| Prédicteur | Seuil retenu |
|---|---|
| Fièvre | température supérieure ou égale à 38,5 °C |
| Appui | impossibilité de la mise en charge |
| Leucocytes sanguins | supérieurs à 12,0 × 10⁹ par litre |
| Vitesse de sédimentation | supérieure ou égale à 40 mm/h |
| Protéine C réactive, ajoutée ensuite comme cinquième prédicteur | supérieure ou égale à 20 mg/L |
Ce que la règle prédisait à l'origine : la présence des quatre prédicteurs initiaux correspondait à une probabilité d'arthrite septique de 99,6 % dans la population où la règle a été construite.
Ce que les validations externes ont trouvé : beaucoup moins.
- Dans l'étude britannique de 2010, la présence des cinq prédicteurs correspondait à une probabilité de seulement 59,9 %, la fièvre étant le meilleur prédicteur isolé. Les auteurs expliquent qu'appliqué à une maladie de faible prévalence, même un test très spécifique produit de nombreux faux positifs.
- Une étude publiée dans le Journal of Bone and Joint Surgery (American Volume) en 2004, portant sur 165 hanches ponctionnées, obtenait 59 % avec les quatre prédicteurs initiaux et concluait que l'algorithme n'était pas valide hors de l'établissement où il avait été élaboré.
- Une étude multicentrique parue dans le Journal of Pediatrics en 2014, portant sur 34 enfants de 6 à 27 mois atteints d'arthrite de hanche à Kingella kingae documentée, montrait que ces enfants présentaient un tableau peu bruyant : sur les 28 enfants évaluables, 3 seulement réunissaient les quatre prédicteurs. Les auteurs concluent que l'algorithme n'est pas assez sensible avant 3 ans.
Ce que cette fiche n'en fait pas : un outil d'auto-évaluation. Il s'agit d'une règle de prédiction destinée au clinicien qui examine l'enfant, dont les propres validations montrent qu'elle ne se transporte pas d'un établissement à l'autre.
Ce que la démarche diagnostique recherche
L'examen situe la boiterie, apprécie l'appui, mesure la température, recherche une limitation douloureuse des rotations et examine les autres articulations. L'échographie objective l'épanchement mais ne dit pas sa nature. La biologie inflammatoire s'inscrit dans la règle ci-dessus.
Le diagnostic différentiel de la hanche douloureuse de l'enfant :
- Une épiphysiolyse fémorale supérieure touche un enfant plus grand et donne une limitation caractéristique de la rotation interne.
- Une ostéochondrite primitive de la hanche s'installe progressivement et laisse des séquelles morphologiques.
- Une apophysose de croissance du bassin donne une douleur d'insertion, sans épanchement.
Les autres repères de l'appareil locomoteur sont réunis dans la rubrique appareil locomoteur et traumatologie.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le rhume de hanche ?
C'est le nom courant de la synovite aiguë transitoire de la hanche : une inflammation passagère de la synoviale avec épanchement articulaire, survenant chez l'enfant, souvent après un épisode infectieux des voies aériennes. Le mot « rhume » est une image ; il ne désigne ni un virus identifié ni une infection de l'articulation.
Le rhume de hanche existe-t-il chez l'adulte ?
L'expression n'a pas de correspondance clinique établie chez l'adulte. La synovite aiguë transitoire est une entité pédiatrique. Un épanchement de hanche chez un adulte relève d'autres causes et d'une autre démarche diagnostique ; il ne doit pas être rangé sous ce terme.
Comment distingue-t-on un rhume de hanche d'une arthrite septique ?
C'est la question centrale, et elle se pose au clinicien qui examine l'enfant. Une règle de prédiction proposée en 1999 combine fièvre d'au moins 38,5 °C, impossibilité de la mise en charge, leucocytes supérieurs à 12,0 × 10⁹/L et vitesse de sédimentation d'au moins 40 mm/h, avec la protéine C réactive d'au moins 20 mg/L ajoutée ensuite.
Cette règle est-elle fiable ?
Ses validations externes sont décevantes. La probabilité associée à la présence de tous les prédicteurs était de 99,6 % dans la population d'origine, mais de 59,9 % dans une étude britannique de 2010 et de 59 % dans une étude américaine de 2004, dont les auteurs concluent que l'algorithme n'est pas valide ailleurs. Avant 3 ans, une étude de 2014 le juge insuffisamment sensible.
Pourquoi un enfant se plaint-il du genou ?
Parce que la douleur de hanche est fréquemment projetée à la cuisse ou au genou chez l'enfant. C'est un piège classique commun à la synovite aiguë transitoire, à l'épiphysiolyse fémorale supérieure et à l'ostéochondrite primitive de la hanche, et c'est la raison pour laquelle l'examen d'un genou douloureux chez l'enfant comprend l'examen des hanches.