Rectocolite hémorragique : ce que « RCH méditerranée » ne désigne pas, et comment l'étendue est décrite
La rectocolite hémorragique est une maladie inflammatoire chronique limitée au rectum et au côlon. Aucune forme « méditerranéenne » n'existe dans les sources consultées : le mot appartient à autre chose.
Commençons par la formulation elle-même. Dans les sources consultées pour cette fiche, aucune forme « méditerranéenne » de rectocolite hémorragique n'est décrite. Le qualificatif circule en médecine digestive pour deux choses qui n'ont rien à voir avec une variante de la maladie : le régime méditerranéen, étudié comme exposition alimentaire dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, et la fièvre méditerranéenne familiale, maladie génétique auto-inflammatoire entièrement distincte, qui provoque des épisodes récurrents de douleur abdominale et de sérite. Ni l'un ni l'autre n'est un sous-type de rectocolite. Cette fiche traite donc de ce que son adresse annonce : la rectocolite hémorragique.
Elle est un repère de lecture et non un avis médical. Elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir.
Ce que la maladie est
La fiche grand public de la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) consacrée à la rectocolite hémorragique, revue en août 2018, la définit comme une maladie inflammatoire chronique de l'intestin liée à une réaction excessive du système immunitaire. Elle atteint le rectum et le côlon, avec une inflammation continue de la muqueuse — par opposition aux lésions segmentaires de la maladie de Crohn.
| Donnée publiée par la fiche SNFGE | Valeur |
|---|---|
| Incidence annuelle | 6 à 8 nouveaux cas pour 100 000 habitants |
| Prévalence | environ 1 personne sur 1 000 |
| Pic de survenue | 15 à 35 ans, à tout âge possible |
| Manifestations extra-digestives | au moins un tiers des patients |
| Atteinte biliaire | moins de 5 % des patients |
| Recours à la chirurgie au cours de la vie | 15 à 20 % des patients |
L'étendue : la seule classification que cette fiche reproduit
C'est elle qui structure la description de la maladie, et la SNFGE la donne en trois catégories selon la limite supérieure des lésions :
| Étendue | Ce qu'elle désigne |
|---|---|
| Rectite | inflammation limitée au rectum |
| Colite gauche | lésions ne dépassant pas l'angle colique gauche |
| Pancolite | inflammation s'étendant au-delà de l'angle gauche |
Ce que la classification note : l'étendue n'est pas la sévérité, mais elle y est liée. La même source indique que la forme est sévère chez un patient sur dix parmi ceux qui présentent une pancolite, et décrit alors une diarrhée abondante souvent sanglante accompagnée de douleurs, d'amaigrissement, de fièvre et d'une fatigue importante.
Ce que la démarche diagnostique recherche
La SNFGE est catégorique sur un point : seuls les examens endoscopiques confirment le diagnostic. La coloscopie montre une atteinte inflammatoire continue de la muqueuse avec des ulcérations, et les biopsies ne comportent pas de granulome épithélioïde — élément qui contribue à la distinction avec la maladie de Crohn.
Les complications que la même source cite sont la colectasie, ou colite aiguë grave avec dilatation du côlon et risque élevé de perforation, et l'augmentation du risque de cancer colorectal liée à l'inflammation chronique, pour lequel une surveillance endoscopique est mise en place après huit à dix ans d'évolution de la maladie.
Ce qu'il faut écarter : une diarrhée chronique avec muqueuse d'aspect normal en coloscopie n'est pas une rectocolite mais oriente vers la colite microscopique, que seules les biopsies révèlent. Et l'atteinte biliaire mentionnée plus haut a un nom : la cholangite sclérosante primitive, dont l'association avec la rectocolite hémorragique est bien établie et qui fait l'objet de sa propre fiche. Les autres repères sont réunis dans la rubrique hépato-gastro-entérologie.
Ce que cette fiche ne dit pas
Aucun médicament n'est nommé, aucune dose ni durée n'est donnée, aucune indication opératoire n'est posée. La fiche SNFGE traite de tout cela, et c'est à elle qu'il faut se reporter. La fiche ne dit pas non plus ce que signifie, pour une personne donnée, l'appartenance à l'une des trois catégories d'étendue.
Questions fréquentes
Existe-t-il une rectocolite hémorragique « méditerranéenne » ?
Pas dans les sources consultées pour cette fiche. Aucune forme géographique ou ethnique de la maladie n'y est décrite sous ce nom. Le qualificatif « méditerranéen » renvoie en médecine digestive au régime méditerranéen, étudié comme exposition alimentaire, et à la fièvre méditerranéenne familiale, maladie génétique auto-inflammatoire entièrement distincte.
Comment décrit-on l'étendue d'une rectocolite hémorragique ?
La fiche SNFGE, revue en août 2018, distingue trois étendues : la rectite, limitée au rectum ; la colite gauche, dont les lésions ne dépassent pas l'angle colique gauche ; et la pancolite, qui s'étend au-delà de cet angle.
La pancolite est-elle plus grave ?
La même source indique que la forme est sévère chez un patient sur dix parmi ceux qui ont une pancolite. Cela décrit une proportion dans une population, pas un pronostic individuel : cette fiche ne dit pas ce qu'il en est pour une personne donnée.
Comment le diagnostic est-il posé ?
La SNFGE écrit que seuls les examens endoscopiques le confirment. La coloscopie montre une atteinte inflammatoire continue avec ulcérations, et les biopsies ne contiennent pas de granulome épithélioïde, ce qui aide à la distinguer de la maladie de Crohn.
Combien de patients sont opérés ?
La fiche SNFGE indique que 15 à 20 % des patients auront recours à la chirurgie au cours de leur vie. Cette fiche ne précise ni les indications ni les techniques, qui relèvent du texte de la société.