Ténosynovite de De Quervain : les tendons concernés et la valeur des tests
La ténosynovite de De Quervain est une atteinte du premier compartiment des extenseurs, au bord radial du poignet. Deux tendons y passent, et c'est leur gaine qui fait le tableau.
La ténosynovite de De Quervain désigne l'atteinte sténosante du premier compartiment dorsal du poignet, au bord radial, juste au-dessus du processus styloïde radial. Deux tendons y cheminent dans une gaine commune : le long abducteur du pouce et le court extenseur du pouce. La douleur siège donc du côté du pouce et s'exacerbe aux mouvements de celui-ci et aux inclinaisons du poignet.
Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical : elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir — ni attelle, ni infiltration, ni durée d'arrêt de travail. Ces décisions reviennent au professionnel qui prend le patient en charge.
Ce que le tableau associe
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Siège | premier compartiment dorsal, bord radial du poignet |
| Tendons concernés | long abducteur du pouce, court extenseur du pouce |
| Structure en cause | l'épaississement du rétinaculum recouvrant ce compartiment |
| Facteur anatomique | les variations anatomiques du compartiment, notamment les sous-compartiments |
| Mécanisme | sollicitations répétées associant préhension et inclinaison du poignet |
Ce qui n'est pas tranché : l'origine du processus. Une revue parue dans Cureus en 2023 décrit deux écoles, l'une défendant une voie inflammatoire, l'autre des modifications dégénératives, et conclut que les données existent des deux côtés et que l'étiologie reste débattue. La même revue rappelle que les variations anatomiques du compartiment participent à la prédisposition et que l'échographie peut les identifier.
Les tests cliniques, et ce qu'ils valent
Deux manœuvres sont historiquement associées à ce diagnostic : le test de Finkelstein et le test d'Eichhoff, souvent confondus dans la littérature et dans l'usage.
Ce que la revue de 2023 en dit : ces deux tests sont classiquement employés pour le diagnostic clinique, mais leur spécificité est basse — c'est précisément ce qui a conduit à proposer un troisième test, associant hyperflexion du poignet et abduction du pouce. Aucune valeur chiffrée de sensibilité ou de spécificité n'est donnée dans le texte consulté, et cette fiche n'en avance donc aucune.
Piège classique : un test positif reproduit une douleur du bord radial, ce que font aussi une arthrose de l'articulation trapézo-métacarpienne, une fracture du scaphoïde méconnue et une atteinte du nerf radial sensitif. La positivité d'un test ne referme pas la démarche.
Qui la développe
La population la plus documentée est celle des personnes qui portent un nourrisson, et les chiffres sont élevés.
- Une étude transversale sur 190 personnes s'occupant d'un nourrisson, publiée dans le Journal of the Pakistan Medical Association en 2024, retrouvait une prévalence de 26,8 % sur la base du test de Finkelstein. L'âge du nourrisson, la fréquence des soulèvements et la dominance manuelle étaient des facteurs de risque significatifs ; l'âge de la personne, l'antécédent de douleur du poignet, le poids du nourrisson et le lien de parenté ne l'étaient pas.
- Une enquête américaine portant sur 121 parents, publiée dans le Wisconsin Medical Journal en 2023, retrouvait 20 répondants avec douleur et test de Finkelstein positif, et concluait que les composantes mécaniques du portage jouent un rôle majeur, sans argument en faveur d'une contribution hormonale de l'allaitement.
Ce que la fiche ne dit pas : le lien parfois évoqué entre ténosynovite et dysthyroïdie. Il n'a pas pu être vérifié auprès d'une source primaire à la date de rédaction et n'est donc pas repris ici.
Ce que la démarche diagnostique recherche
L'interrogatoire précise l'ancienneté, les gestes qui reproduisent la douleur et l'activité en cause. L'examen localise la douleur au bord radial, cherche un épaississement ou une crépitation sur le trajet tendineux, et évalue la mobilité du pouce.
Le diagnostic différentiel du poignet radial douloureux :
- Une fracture du scaphoïde ancienne ou méconnue donne une douleur de la même région, mais avec un antécédent de chute.
- Un syndrome du canal carpien donne des paresthésies nocturnes dans le territoire du médian, absentes ici.
- Une ténosynovite des fléchisseurs de la main est le même mécanisme sténosant appliqué à un autre compartiment, avec un ressaut caractéristique.
- Le caractère professionnel éventuel relève du champ des troubles musculo-squelettiques.
Les autres repères de l'appareil locomoteur sont réunis dans la rubrique appareil locomoteur et traumatologie.
Questions fréquentes
Quels tendons sont concernés par la ténosynovite de De Quervain ?
Le long abducteur du pouce et le court extenseur du pouce, qui cheminent ensemble dans le premier compartiment dorsal du poignet, au bord radial, au-dessus du processus styloïde radial. C'est l'épaississement du rétinaculum recouvrant ce compartiment qui crée le conflit.
Le test de Finkelstein est-il fiable ?
Sa spécificité est basse, d'après la revue publiée dans Cureus en 2023, et c'est ce qui a conduit à proposer d'autres manœuvres. Cette fiche ne donne pas de valeur chiffrée de sensibilité ou de spécificité, aucune n'ayant pu être vérifiée auprès d'une source primaire à la date de rédaction.
Pourquoi est-elle fréquente après une naissance ?
Parce que le portage répété sollicite le compartiment. Dans une étude sur 190 personnes s'occupant d'un nourrisson publiée en 2024, la prévalence atteignait 26,8 %, avec comme facteurs de risque significatifs l'âge du nourrisson, la fréquence des soulèvements et la dominance manuelle. Une enquête américaine de 2023 ne retrouvait pas d'argument en faveur d'une contribution hormonale de l'allaitement.
Ténosynovite de De Quervain ou de Quervain : quelle orthographe ?
Les deux circulent, avec ou sans particule et avec ou sans majuscule. Il s'agit de la même entité, désignée par l'éponyme du chirurgien qui l'a décrite. Les moteurs de recherche traitent les variantes comme équivalentes.
Cette fiche indique-t-elle une durée d'arrêt de travail ?
Non. La durée d'un arrêt dépend du métier, de la main atteinte, de l'intensité des symptômes et du traitement retenu ; elle relève du médecin qui la prescrit. Ce site ne donne ni durée, ni conduite à tenir, ni posologie.