Troubles musculo-squelettiques : ce que le terme recouvre et par quels symptômes ils se manifestent
Les troubles musculo-squelettiques ne forment pas une maladie mais un ensemble d'affections de l'appareil locomoteur, réunies par un point commun : le travail peut les provoquer ou les aggraver.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) recouvrent, selon Santé publique France, « un large ensemble d'affections de l'appareil locomoteur, pouvant être provoquées ou aggravées par l'activité professionnelle ». Ce n'est donc pas un diagnostic mais une catégorie : elle réunit des atteintes de tendons, de gaines, de nerfs, de bourses et de disques, localisées au membre supérieur, au rachis ou au membre inférieur.
Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical. Elle décrit ce que le terme désigne et ce que les données nationales en disent ; elle ne donne aucune posologie, aucune conduite à tenir, aucun conseil d'aménagement de poste et aucune indication d'arrêt. Ces décisions reviennent au médecin qui suit la personne et au médecin du travail.
Les symptômes qui font repérer un TMS
Santé publique France décrit la traduction clinique en deux mots : des douleurs et une gêne fonctionnelle, « plus ou moins importantes, souvent quotidiennes et provoquées ou aggravées par le travail ». Le caractère professionnel ne se lit donc pas dans le symptôme lui-même mais dans son rythme.
- La douleur est le motif de recours dominant, souvent d'installation progressive et sans traumatisme identifiable.
- La gêne fonctionnelle suit : perte de force, limitation d'amplitude, maladresse, lâchage d'objets.
- Le rythme est l'élément discriminant : aggravation au fil de la journée ou de la semaine de travail, amélioration au repos prolongé, réapparition à la reprise.
- Les paresthésies dominent lorsque l'atteinte est nerveuse, comme dans le syndrome du canal carpien.
Ce que la fiche ne dit pas : à partir de quand une douleur devient un TMS. Il n'existe pas de seuil ; c'est un faisceau clinique et professionnel que seul un examen, et souvent le médecin du travail, peut constituer.
Ce que les données nationales mesurent
Santé publique France assure la surveillance épidémiologique des TMS et publie les chiffres suivants.
| Donnée | Chiffre publié |
|---|---|
| Part des maladies professionnelles reconnues | environ 90 % sont des TMS |
| 1re pathologie reconnue en maladie professionnelle | les pathologies de la coiffe des rotateurs |
| 2e pathologie reconnue | le syndrome du canal carpien, 12 289 reconnaissances indemnisées en 2019, régime général |
| Sous-déclaration du canal carpien | estimée à 43 % en 2015 |
| Chirurgie du canal carpien | environ 124 000 personnes en France en 2022 |
| Chirurgie de hernie discale lombaire | plus de 20 000 personnes en France en 2022 |
| Pathologies rachidiennes inscrites aux tableaux | 6 % des pathologies ostéo-articulaires reconnues en 2021, soit 2 562 cas |
Piège classique : reconnaissance et fréquence ne se superposent pas. Une affection peut être répandue sans être déclarée : la sous-déclaration du seul syndrome du canal carpien était estimée à 43 % en 2015. C'est pourquoi Santé publique France suit en parallèle les maladies à caractère professionnel, définies comme « toute maladie susceptible d'être d'origine professionnelle et non reconnue en maladie professionnelle par un Régime de Sécurité sociale ».
Les localisations les plus documentées
Les deux pathologies que la surveillance nationale utilise comme traceurs donnent une idée de la répartition :
- Au membre supérieur, le syndrome du canal carpien est le traceur retenu ; sa prévalence chez les salariés a été estimée en Pays de la Loire à 3,8 % chez les femmes et 2,3 % chez les hommes.
- À l'épaule, les atteintes de la coiffe des rotateurs occupent le premier rang des reconnaissances ; elles relèvent des lésions péri-articulaires de l'épaule.
- Au rachis lombaire, la lombalgie est de loin la plus fréquente : la prévalence sur douze mois chez les salariés a été estimée en Pays de la Loire à 54 % chez les femmes et 59 % chez les hommes.
- Au rachis cervical, les cervicalgies chez l'adulte complètent le tableau, sans figurer aux tableaux de maladies professionnelles.
Santé publique France met par ailleurs à disposition un Protocole d'examen clinique pour le repérage des troubles musculosquelettiques du membre supérieur, destiné aux professionnels.
Les autres repères de l'appareil locomoteur sont réunis dans la rubrique appareil locomoteur et traumatologie.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un trouble musculo-squelettique ?
C'est une catégorie, pas une maladie. Santé publique France la définit comme un large ensemble d'affections de l'appareil locomoteur pouvant être provoquées ou aggravées par l'activité professionnelle. Elle regroupe des atteintes tendineuses, nerveuses, bursales et rachidiennes, au membre supérieur, au rachis et au membre inférieur.
Quels sont les symptômes des troubles musculo-squelettiques ?
Des douleurs et une gêne fonctionnelle, souvent quotidiennes, selon la description de Santé publique France. Concrètement : douleur d'installation progressive, perte de force, limitation d'amplitude, parfois paresthésies quand l'atteinte est nerveuse. Ce qui oriente vers l'origine professionnelle n'est pas le symptôme mais son rythme, aggravé par le travail et amélioré au repos prolongé.
Les TMS sont-ils fréquents parmi les maladies professionnelles ?
Oui, très largement. D'après Santé publique France, environ 90 % des maladies professionnelles reconnues sont des troubles musculo-squelettiques. Les pathologies de la coiffe des rotateurs viennent en tête, le syndrome du canal carpien en deuxième position avec 12 289 reconnaissances indemnisées en 2019 pour le régime général.
Qu'est-ce qu'une maladie à caractère professionnel ?
C'est, selon la définition de Santé publique France, toute maladie susceptible d'être d'origine professionnelle mais non reconnue en maladie professionnelle par un régime de Sécurité sociale. Ce dispositif de surveillance existe précisément parce que la reconnaissance administrative ne recouvre pas toute la réalité : la sous-déclaration du seul syndrome du canal carpien était estimée à 43 % en 2015.
Un TMS est-il forcément dû au travail ?
Non, et c'est une confusion fréquente. Les affections regroupées sous ce terme existent aussi sans exposition professionnelle. Le terme signale que l'activité professionnelle peut les provoquer ou les aggraver, pas qu'elle en est la cause dans un cas donné. L'imputation relève d'une démarche individuelle, médicale et administrative.