Signe de Thompson positif : ce que le test explore dans la rupture du tendon d'Achille

Le test de Thompson explore la continuité de l'appareil suro-achilléen en mobilisant le mollet plutôt que la cheville. Son résultat prend sa valeur avec deux autres signes, pas seul.

Le test de Thompson, ou test de Simmonds-Thompson, consiste à comprimer le corps du muscle triceps sural chez un patient couché sur le ventre, pied hors du plan d'examen. Chez un sujet dont l'appareil suro-achilléen est continu, cette compression provoque une flexion plantaire passive du pied. L'absence de ce mouvement définit un signe de Thompson positif : la contrainte appliquée au muscle ne se transmet plus au calcanéus.

Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical. Elle décrit ce qu'un examen recherche ; elle n'indique aucune conduite à tenir, ne fixe aucune durée d'immobilisation ni aucun protocole de rééducation, et ne donne aucune posologie. Elle ne permet à personne de se tester ni de conclure pour soi-même.

Le contexte dans lequel ce test est utilisé

DonnéeChiffre publié
Part des ruptures du tendon d'Achille parmi les lésions tendineuses et ligamentaires10,7 %
Incidence relevée dans un service d'urgences britannique8 cas pour 100 000 personnes et par an
Part d'hommes79,2 %
Mécanisme sportif65,2 %
Antécédent de rupture ou de tendinopathie achilléenne46,2 %
Douleur achilléenne rapportée avant la rupture23,3 %

Ces chiffres proviennent d'une étude épidémiologique prospective publiée dans PLOS ONE en 2024. Ils disent deux choses utiles : la rupture survient très majoritairement chez l'homme au cours d'une activité sportive, et près de la moitié des patients avaient déjà une histoire achilléenne.

Ce que le test vaut, et avec quoi il s'associe

Le signe de Thompson n'est pas employé isolément. Une étude parue dans Clinical Orthopaedics and Related Research en 2012 a comparé 66 patients opérés d'une rupture aiguë confirmée, avec imagerie par résonance magnétique (IRM) préopératoire, à 66 patients sans IRM préopératoire. Les critères cliniques retenus étaient trois :

Ce que l'étude a mesuré : les 66 patients présentaient les trois signes en préopératoire et tous avaient une rupture complète à l'intervention, soit une sensibilité de 100 % pour la triade. L'IRM, elle, concluait à une rupture complète chez 60 patients, à une rupture partielle chez 4, et restait non conclusive chez 2. Les auteurs concluent que l'examen clinique était plus sensible que l'IRM et que celle-ci retardait la prise en charge dans leur série.

Piège classique : le test explore la continuité fonctionnelle de l'ensemble suro-achilléen, pas l'intégrité anatomique du tendon. Une rupture partielle peut laisser une transmission suffisante et donc un test négatif : c'est précisément la situation où les symptômes — douleur postérieure, boiterie, faiblesse à la propulsion — persistent sans que le test les explique. Une revue de langue néerlandaise parue en 2024 dans le Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde rappelle dans le même sens qu'une anamnèse appropriée, une encoche palpable et un test de Thompson positif ont ensemble une excellente sensibilité, et qu'en cas de doute l'échographie est le premier examen.

Ce que la démarche diagnostique recherche

L'interrogatoire retient le mode de survenue — sensation de coup ou de claquement à l'arrière de la cheville, souvent au démarrage d'un mouvement d'impulsion —, l'antécédent de douleur achilléenne, et l'impossibilité de se mettre sur la pointe du pied du côté atteint. L'examen compare les deux côtés au repos, cherche l'encoche et réalise le test décrit ci-dessus.

Le diagnostic différentiel du mollet et de la cheville postérieure douloureux :

Les autres repères de traumatologie du membre sont réunis dans la rubrique appareil locomoteur et traumatologie.

Questions fréquentes

Que veut dire un signe de Thompson positif ?

Que la compression du mollet, patient couché sur le ventre et pied hors du plan d'examen, ne provoque plus de flexion plantaire passive du pied. La contrainte appliquée au triceps sural ne se transmet donc plus au calcanéus, ce qui traduit une perte de continuité de l'appareil suro-achilléen.

Le test de Thompson suffit-il au diagnostic ?

Il n'est pas employé seul. Dans une série de 66 ruptures confirmées à l'intervention et publiée en 2012, les trois critères retenus — test de Thompson anormal, diminution de la tension de repos et encoche palpable — étaient présents chez tous les patients, soit une sensibilité de 100 % pour la triade. C'est l'association qui porte la valeur, pas le test isolé.

L'IRM est-elle nécessaire ?

Dans la série de 2012, l'examen clinique s'est montré plus sensible que l'IRM : celle-ci concluait à une rupture complète chez 60 des 66 patients, à une rupture partielle chez 4 et restait non conclusive chez 2. Les auteurs réservent l'IRM aux présentations ambiguës et aux lésions subaiguës ou chroniques. Cette fiche n'indique pour autant aucune conduite à tenir.

Le test peut-il être négatif en cas de rupture partielle ?

Oui, et c'est la difficulté principale. Le test explore la continuité fonctionnelle de l'ensemble suro-achilléen : une rupture partielle laissant une transmission suffisante peut s'accompagner d'un test normal, alors que la douleur, la boiterie et la faiblesse à la propulsion persistent.

Qui est le plus souvent concerné ?

D'après une étude épidémiologique prospective publiée en 2024 dans un service d'urgences britannique, l'incidence était de 8 cas pour 100 000 personnes par an, 79,2 % des patients étaient des hommes et 65,2 % des ruptures survenaient lors d'une activité sportive. Près de la moitié, 46,2 %, avaient un antécédent de rupture ou de tendinopathie achilléenne.