Névralgie du trijumeau : ce que le terme désigne et comment elle se reconnaît

La névralgie trigéminale classique est une douleur de la face en décharges électriques de quelques secondes, déclenchées par l'effleurement d'une zone cutanée précise. L'examen neurologique y est normal, et c'est un élément du diagnostic.

La névralgie du trijumeau appartient aux neuropathies crâniennes douloureuses : des douleurs « strictement localisées au territoire sensitif d'un nerf » innervant la face, les muqueuses ou le crâne. Parmi elles, le Collège des enseignants de neurologie réserve le mot névralgie aux tableaux faits de « douleurs brèves (secondes) en décharges électriques, déclenchées par un stimulus indolore d'une petite zone cutanée, la "zone gâchette" ».

Cette fiche est un repère de lecture et non un avis médical. Elle ne remplace pas une consultation, ne comporte aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir : la décision appartient au professionnel qui prend en charge le patient.

Comment la douleur se décrit

Le référentiel en donne une description dont chaque élément compte.

ÉlémentDescription retenue
Type« très intense, fulgurante, à type d'éclair ou de décharge électrique »
Durée d'un accès« de durée très brève (quelques secondes) »
Organisationsalves de 2 minutes au maximum, suivies d'une période réfractaire et entrecoupées de périodes libres
Fréquence des salves« de cinq à dix par jour aux formes subintrantes »
Attitude« Le patient s'immobilise brièvement dans une attitude douloureuse »

Piège classique : une douleur de la face continue, à type de brûlure, n'est pas une névralgie au sens du référentiel. C'est le registre des douleurs neuropathiques, « à type de brûlure continue », que le texte distingue explicitement des névralgies.

Où elle siège

La topographie est unilatérale et strictement limitée au territoire du trijumeau, sur une branche ou sur deux. Le collège donne la répartition par branche :

La zone gâchette

C'est l'élément le plus caractéristique du tableau. Les douleurs sont « déclenchées de manière élective par l'excitation d'une zone cutanée précise du territoire douloureux ». Le référentiel précise qu'« un effleurement suffit » et énumère les gestes qui déclenchent les accès : la parole, la mimique, le rire, la mastication — « si bien que le malade tente de garder un visage immobile et mange le moins possible ».

C'est aussi ce qui explique l'intitulé de nombreuses recherches sur l'alimentation ou sur la fatigue : le retentissement passe par l'évitement des gestes déclencheurs, pas par un mécanisme propre.

Ce que la démarche diagnostique recherche

Le diagnostic des neuropathies crâniennes douloureuses est clinique, « fondé sur l'interrogatoire et l'examen ». Et l'examen a ici une valeur particulière, parce qu'il doit être normal.

Dans la forme classique et dans la forme idiopathique, le référentiel décrit un examen normal : « sensibilité faciale et cornéenne (réflexe cornéen présent), force des muscles masticateurs (innervés par le V moteur) normale, absence de toute atteinte neurologique, peau normale ». Et il pose la règle inverse : « la constatation de la moindre anomalie (hypoesthésie, atteinte motrice branche V3) oriente vers une névralgie secondaire ».

Le chapitre distingue trois catégories :

Ce que la fiche ne dit pas : aucun traitement, médicamenteux ou chirurgical, n'est décrit ici. Le chapitre du collège les expose avec leur niveau de preuve ; les résumer hors de ce contexte reviendrait à les déformer.

Ce avec quoi on la confond

Par la durée de ses accès, la névralgie du trijumeau rejoint le groupe des céphalées chroniques quotidiennes de courte durée lorsque le seuil de jours est atteint. Les autres repères de la spécialité sont réunis dans la rubrique neurologie.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une névralgie du trijumeau ?

Une douleur unilatérale du territoire du nerf trijumeau, faite d'accès très brefs en décharges électriques déclenchés par l'effleurement d'une zone cutanée précise, la zone gâchette. Le Collège des enseignants de neurologie la classe parmi les neuropathies crâniennes douloureuses et en fait une entité à examen neurologique normal dans ses formes classique et idiopathique.

Combien de temps dure une crise ?

Chaque accès dure quelques secondes. Ils se répètent en salves de deux minutes au maximum, suivies d'une période réfractaire et entrecoupées de périodes libres. La fréquence des salves va de cinq à dix par jour dans les formes habituelles, jusqu'aux formes dites subintrantes.

Quel côté et quelle partie du visage sont touchés ?

La douleur est unilatérale et strictement limitée au territoire du trijumeau, sur une branche ou deux. Le référentiel donne la répartition suivante : maxillaire supérieur (V2) 40 %, maxillaire inférieur (V3) 20 %, branche ophtalmique (V1) 10 %.

Qu'est-ce qui fait suspecter une forme secondaire ?

Toute anomalie à l'examen. Le collège écrit que « la constatation de la moindre anomalie (hypoesthésie, atteinte motrice branche V3) oriente vers une névralgie secondaire ». Les causes citées sont inflammatoires (sclérose en plaques), vasculaires (syndrome de Wallenberg) ou tumorales. Cette fiche s'arrête à ce constat et n'indique aucune conduite.

Est-ce fréquent ?

Non. Le référentiel qualifie la névralgie classique du trijumeau de rare et retient une incidence de 5 pour 100 000 par an, avec une prédominance chez la femme de plus de 50 ans.