Migraine avec aura : ce que l'aura désigne et comment elle est définie

L'aura migraineuse est un ensemble de symptômes neurologiques transitoires et entièrement réversibles qui précède ou accompagne la céphalée. Elle a des critères précis, et elle peut survenir sans aucune céphalée.

Une aura est un épisode de symptômes neurologiques focaux, d'installation progressive et complètement réversibles, qui précède ou accompagne une céphalée migraineuse. Le référentiel du Collège des enseignants de neurologie retient que la migraine avec aura « est diagnostiquée dès qu'un patient a eu deux crises avec aura, quel que soit le nombre des migraines sans aura », et qu'« un tiers des migraineux a des auras ».

Cette fiche sert de repère de lecture. Elle ne constitue pas un avis médical, ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir : la décision revient au professionnel qui prend en charge le patient.

Les critères de la migraine avec aura typique

Le tableau ci-dessous reprend les critères diagnostiques de la migraine avec aura typique, code 1.2.1 de la classification internationale des céphalées dans sa troisième édition (ICHD-3), tels que le collège français les publie.

CritèreContenu
AAu moins deux crises répondant aux critères B et C
BAura comprenant des troubles visuels, sensitifs et/ou de la parole ou du langage, tous entièrement réversibles, mais pas de symptôme moteur, basilaire ou rétinien
CAu moins trois des six caractéristiques suivantes : 1. au moins un symptôme de l'aura se développe progressivement en ≥ 5 minutes ; 2. deux ou plusieurs symptômes surviennent successivement ; 3. chaque symptôme dure 5 à 60 minutes ; 4. au moins un symptôme est unilatéral ; 5. au moins un symptôme est positif ; 6. l'aura est accompagnée, ou suivie dans les 60 minutes, par une céphalée
DN'est pas mieux expliquée par un autre diagnostic de l'ICHD-3, et un accident ischémique transitoire a été exclu

Ce que la classification note : trois caractéristiques sur six suffisent. La sixième — l'association à une céphalée — n'est donc pas obligatoire, ce qui est exactement le point qui intéresse la plupart des lecteurs de cette page.

À quoi ressemble une aura

Le référentiel décrit trois registres, d'installation progressive et successive.

La progression en minutes est le trait qui sert de repère : c'est elle que le critère C place en tête.

L'aura sans céphalée

C'est une entité décrite, pas une anomalie de raisonnement. Le collège l'écrit ainsi : « Parfois, l'aura survient sans céphalée. Dans ce cas, on parle d'aura isolée sans céphalée. » Les requêtes du type « scotome scintillant sans migraine » ou « aura visuelle isolée » désignent donc une situation nommée dans la classification.

Le critère D de l'ICHD-3 est ce qui rend la situation non triviale : il exige explicitement qu'un accident ischémique transitoire ait été exclu. Un déficit neurologique transitoire n'est pas identifiable par sa seule description, et cette fiche ne propose aucun élément permettant de trancher soi-même. La question du diagnostic différentiel se pose aussi, sur un mode très différent, devant une céphalée progressive avec hypertension intracrânienne, tableau de la thrombose veineuse cérébrale.

Auras atypiques, et ce que le référentiel en dit

Le collège met à part les migraines avec aura atypique : troubles « basilaires » (vertige, ataxie, diplopie), troubles moteurs (migraine hémiplégique) ou troubles visuels monoculaires (migraine rétinienne). Le texte indique que ces formes « doivent donner lieu à des examens complémentaires systématiques et un avis neurologique ». Le critère B de l'aura typique exclut d'ailleurs par construction les symptômes moteurs, basilaires et rétiniens. Lorsque le vertige domine le tableau, la démarche rejoint celle décrite dans la fiche vertiges.

Ce qu'il faut savoir du risque vasculaire associé

Le référentiel est explicite sur un point que l'on ne trouve pas dans la description clinique : « La migraine avec aura est un facteur de risque indépendant d'infarctus cérébral. Le risque est multiplié par deux chez une personne atteinte de migraine avec aura et augmente en cas de cofacteurs (sexe féminin, âge < 45 ans, tabagisme et contraception œstroprogestative). » Cette fiche s'arrête à cette citation et n'en tire aucune recommandation.

Côté épidémiologie, le même chapitre retient une prévalence de la migraine de 15 %, dont 6 à 10 % de la population pour la migraine sans aura et 3 à 6 % pour la migraine avec aura.

Ce qui n'est pas une aura

Trois voisines fréquentes, qui ne comportent pas d'aura et se reconnaissent sur d'autres critères : la céphalée de tension, bilatérale et non pulsatile ; l'algie vasculaire de la face, faite de crises courtes, très intenses et strictement unilatérales avec signes dysautonomiques ; et la névralgie du trijumeau, faite de décharges électriques de quelques secondes déclenchées par une zone gâchette.

Questions fréquentes

Peut-on avoir une aura sans mal de tête ?

Oui, et c'est une situation nommée. Le référentiel du Collège des enseignants de neurologie écrit que l'aura survient parfois sans céphalée et que l'on parle alors d'aura isolée sans céphalée. Les critères ICHD-3 de l'aura typique n'exigent que trois caractéristiques sur six, et l'association à une céphalée est l'une des six, pas une condition obligatoire.

Combien de temps dure une aura migraineuse ?

Parmi les six caractéristiques du critère C de l'ICHD-3, l'une retient que chaque symptôme de l'aura dure 5 à 60 minutes, et une autre qu'au moins un symptôme se développe progressivement en cinq minutes ou plus. Ces durées sont des éléments de la définition, non des règles applicables à un cas particulier.

Qu'est-ce qu'un scotome scintillant ?

Un phénomène visuel positif associé à une tache aveugle, décrit par le référentiel parmi les manifestations de l'aura visuelle, aux côtés des phosphènes et des zigzags. L'aura visuelle est la plus fréquente des auras et intéresse les deux yeux, ce qui la distingue d'un trouble visuel monoculaire.

Migraine avec aura et migraine sans aura : quelle différence de définition ?

La migraine sans aura est définie par au moins cinq crises de céphalée durant 4 à 72 heures avec certaines caractéristiques et signes associés. La migraine avec aura est diagnostiquée dès deux crises comportant une aura, quel que soit le nombre de crises sans aura. Le référentiel retient une prévalence de 6 à 10 % de la population pour la première et de 3 à 6 % pour la seconde.

Une aura peut-elle être confondue avec autre chose ?

Le critère D de l'ICHD-3 répond indirectement : il exige que le diagnostic ne soit pas mieux expliqué par une autre entité de la classification et qu'un accident ischémique transitoire ait été exclu. Les formes dites atypiques — basilaires, motrices ou rétiniennes — sont par ailleurs mises à part par le référentiel, qui indique qu'elles donnent lieu à des examens complémentaires systématiques.