Céphalée de tension : ce que le terme désigne et comment elle se distingue

La céphalée de tension est la céphalée primaire la plus banale et la plus mal nommée : le mot « tension » ne renvoie ni à la pression artérielle ni au stress. Cette fiche décrit ce qu'il recouvre et ce qui le sépare de la migraine.

« Céphalée de tension » désigne une catégorie de céphalée primaire définie par des caractéristiques précises : une douleur non pulsatile, à type de pression ou de pesanteur, d'intensité légère à modérée, bilatérale, et qui ne s'aggrave pas à l'effort. Le terme ne désigne ni une conséquence de l'hypertension artérielle, ni un diagnostic d'élimination, ni une simple « céphalée due au stress » : c'est une entité décrite par ses propres critères.

Cette fiche est un repère de lecture et non un avis médical. Elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir : toute décision concernant un patient relève du professionnel qui le prend en charge.

Comment la céphalée de tension se décrit

Le chapitre de sémiologie des céphalées du Collège des enseignants de neurologie en retient les éléments suivants :

ÉlémentDescription retenue
Type de douleur« douleur de type pression, pesanteur, non pulsatile »
Intensité« légère à modérée, gênant mais n'empêchant pas les activités »
Topographie« bilatérale, souvent postérieure en regard de la nuque, de l'occiput »
Effort physique« absence d'aggravation par la marche »
Signes associés« absence de nausées ou de vomissements et de phono ou de photophobie »

Deux formes sont distinguées selon le rythme : une forme épisodique, dont les accès durent « de 30 minutes à 7 jours », et une forme permanente et quotidienne.

Ce que la description ne dit pas : elle ne dit rien de la cause. Le nom est historique et la physiopathologie reste discutée ; retenir « céphalée due à une contracture » comme explication revient à ajouter une cause que la définition ne porte pas.

Ce qui la sépare de la migraine

La distinction ne se fait pas sur l'intensité ressentie mais sur un faisceau de caractères que les deux entités ne partagent pas. Elle compte, parce qu'elle change la lecture de tout le reste.

Ces critères sont ceux de la classification internationale des céphalées dans sa troisième édition (ICHD-3), publiée en 2018 par l'International Headache Society et reprise par le collège français. Lorsque l'aura entre dans le tableau, c'est un autre cadre qui s'applique, décrit dans la fiche consacrée à la migraine avec aura ; et lorsque les accès sont très brefs, très intenses et strictement unilatéraux avec des signes végétatifs, la question devient celle de l'algie vasculaire de la face.

Quand la répétition change la catégorie

Une céphalée de tension n'est plus décrite de la même manière lorsqu'elle devient quotidienne. Le collège retient le seuil suivant : « Lorsque la céphalée dure 15 jours par mois ou plus depuis plus de 3 mois », on entre dans le cadre de la céphalée chronique quotidienne, qui n'est pas un diagnostic mais un syndrome à explorer — et dans lequel « la recherche d'un abus médicamenteux est systématique ». Ce cadre a sa propre fiche : la céphalée chronique quotidienne.

Ce que la démarche diagnostique recherche

Le diagnostic de céphalée primaire est clinique et repose sur l'interrogatoire. L'enjeu de l'examen n'est pas de confirmer la céphalée de tension, mais d'écarter une céphalée secondaire, et l'ordre compte.

Le collège insiste sur un point de sémiologie : « toute céphalée brusque est une hémorragie sous-arachnoïdienne jusqu'à preuve du contraire ». Les autres situations qui font sortir du cadre primaire sont une céphalée récente accompagnée de signes neurologiques, une céphalée fébrile, une céphalée avec perte de connaissance, et une céphalée d'installation progressive avec syndrome d'hypertension intracrânienne — ce dernier tableau étant celui qui doit faire évoquer une thrombose veineuse cérébrale.

Piège classique : une céphalée bilatérale, non pulsatile et d'intensité modérée remplit la description d'une céphalée de tension et peut être révélatrice d'une cause toute autre. Ce sont le mode d'installation, le contexte et l'examen neurologique qui tranchent, pas la qualité de la douleur.

Les autres repères neurologiques de ce site sont regroupés dans la rubrique neurologie.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une céphalée de tension, exactement ?

Une céphalée primaire définie par un ensemble de caractères : douleur de type pression ou pesanteur, non pulsatile, d'intensité légère à modérée, bilatérale, sans aggravation par l'activité physique de routine et sans nausées ni photophobie ni phonophobie. Sa description figure dans la classification internationale des céphalées (ICHD-3, 2018) et dans le référentiel du Collège des enseignants de neurologie.

Le mot « tension » veut-il dire tension artérielle ?

Non. Le terme est historique et ne renvoie pas à la pression artérielle. Il ne renvoie pas davantage à un mécanisme démontré : la physiopathologie de cette céphalée reste discutée, et le nom ne constitue pas une explication.

Combien de temps dure une céphalée de tension ?

Dans sa forme épisodique, le référentiel du collège retient une durée « de 30 minutes à 7 jours ». Il existe par ailleurs une forme permanente et quotidienne. Au-delà de 15 jours par mois depuis plus de trois mois, on change de cadre et l'on parle de céphalée chronique quotidienne.

Comment la différencier d'une migraine ?

Sur plusieurs caractères simultanés, pas sur un seul : la migraine est plutôt unilatérale, pulsatile, d'intensité modérée à sévère, aggravée par l'activité physique de routine et accompagnée de nausées, de vomissements, d'une photophobie ou d'une phonophobie. La céphalée de tension est décrite exactement à l'inverse sur ces points.

Quels signes font sortir du cadre d'une céphalée primaire ?

Le collège retient notamment le caractère brutal de l'installation — « toute céphalée brusque est une hémorragie sous-arachnoïdienne jusqu'à preuve du contraire » —, la fièvre, les signes neurologiques associés, la perte de connaissance et l'installation progressive avec hypertension intracrânienne. Cette fiche s'arrête à ce constat et n'indique aucune conduite.