SDRC : ce que le syndrome douloureux régional complexe désigne et comment il se diagnostique

Le SDRC est un syndrome douloureux chronique localisé à un segment de membre, associant douleur, signes vasomoteurs, sudomoteurs, moteurs et trophiques. Son diagnostic est clinique et repose sur des critères précis.

SDRC est l'abréviation de syndrome douloureux régional complexe ; son équivalent anglophone est CRPS, pour complex regional pain syndrome. Le même tableau a porté d'autres noms qui circulent encore : algodystrophie, algoneurodystrophie, syndrome de Sudeck, dystrophie sympathique réflexe. Ce sont des désignations successives du même syndrome, et un compte rendu peut employer n'importe laquelle.

Cette fiche est un repère de lecture, pas un avis médical : elle ne remplace pas une consultation, ne donne aucune posologie et n'indique aucune conduite à tenir, y compris aucun protocole de rééducation. Elle ne se prononce sur aucun dossier individuel de reconnaissance ou d'indemnisation.

Ce que le syndrome associe

Le SDRC se définit par une douleur disproportionnée par rapport à l'événement déclenchant — le plus souvent un traumatisme ou une chirurgie du membre —, localisée à un segment, et accompagnée d'un ensemble de signes qui n'appartiennent pas au territoire d'un nerf ou d'une racine.

Catégorie de manifestationsCe qu'elle regroupe
Sensitivesdouleur spontanée, allodynie, hyperalgésie
Vasomotricesasymétrie de température et de couleur du segment atteint
Sudomotrices et œdémateusesœdème, asymétrie de sudation
Motrices et trophiquesperte de mobilité, faiblesse, tremblement, modifications des phanères et de la peau

Ces quatre catégories sont celles sur lesquelles sont construits les critères diagnostiques décrits ci-dessous. Le caractère régional — un segment, débordant tout territoire nerveux — est l'élément qui distingue ce syndrome d'une lésion nerveuse tronculaire.

Les critères de Budapest : ce qui est établi, et ce que cette fiche ne reproduit pas

Les critères dits de Budapest sont l'instrument diagnostique de référence chez l'adulte. Ils ont été construits pour corriger un défaut documenté des critères antérieurs de l'International Association for the Study of Pain (IASP), et leur validation a été publiée dans Pain en 2010, à partir de l'évaluation structurée de 113 patients avec SDRC de type I et 47 patients souffrant d'une autre douleur neuropathique.

Jeu de critèresSensibilitéSpécificité
Critères IASP antérieurs1,000,41
Critères de Budapest, version clinique0,990,68
Critères de Budapest, version recherchenon rapportée dans ce tableau0,79

Ce que la validation conclut : les critères antérieurs avaient une sensibilité parfaite mais une spécificité médiocre, exposant au surdiagnostic. Les critères de Budapest conservent la sensibilité et améliorent nettement la spécificité, et les auteurs attribuent ce gain à l'inclusion des quatre composantes distinctes du syndrome.

Ce que la fiche ne reproduit pas : la liste item par item des symptômes et des signes requis dans chaque catégorie, ni le nombre exact exigé dans chacune. Ce détail n'a pas pu être vérifié auprès d'une source primaire accessible à la date de rédaction, et il ne serait de toute façon pas destiné à une auto-évaluation.

Piège classique : il n'existe pas d'outil de dépistage. Une revue systématique parue dans Pain en 2021 a recherché les outils de dépistage et de diagnostic du SDRC et n'en a identifié aucun de dépistage ; quatre outils diagnostiques ont été retrouvés — critères de Veldman, critères de l'IASP, critères de Budapest et critères de Budapest version recherche. Les auteurs retiennent les critères de Budapest comme outil de référence chez l'adulte et soulignent qu'aucun outil n'est validé en population pédiatrique.

Ce que la démarche diagnostique recherche

Le diagnostic est clinique. Aucun examen complémentaire ne le confirme : l'imagerie et les explorations servent à écarter d'autres causes, pas à établir celle-ci. L'examen compare systématiquement le segment atteint au côté opposé, pour la température, la couleur, l'œdème, la sudation, la mobilité et l'aspect cutané.

Le contexte déclenchant oriente autant que l'examen :

Les autres repères de l'appareil locomoteur sont réunis dans la rubrique appareil locomoteur et traumatologie, et l'ensemble des fiches du site est accessible depuis la page d'accueil.

Questions fréquentes

Que veut dire SDRC ?

Syndrome douloureux régional complexe. L'abréviation anglophone équivalente est CRPS. Le même tableau a été appelé successivement algodystrophie, algoneurodystrophie, dystrophie sympathique réflexe et syndrome de Sudeck ; ces termes désignent la même entité et circulent encore dans les comptes rendus.

Quels sont les éléments du tableau ?

Une douleur disproportionnée par rapport à l'événement déclenchant, limitée à un segment de membre et débordant tout territoire nerveux, associée à des manifestations sensitives, vasomotrices, sudomotrices ou œdémateuses, et motrices ou trophiques. Ce sont ces quatre catégories qui structurent les critères de Budapest.

Les critères de Budapest sont-ils fiables ?

Ils améliorent nettement la spécificité par rapport aux critères antérieurs. Dans l'étude de validation publiée en 2010 sur 160 patients, la version clinique conservait une sensibilité de 0,99 avec une spécificité de 0,68, contre 1,00 et 0,41 pour les critères antérieurs de l'IASP ; la version recherche atteignait une spécificité de 0,79.

Existe-t-il un examen qui confirme le diagnostic ?

Non. Le diagnostic est clinique. Une revue systématique publiée en 2021 n'a identifié aucun outil de dépistage du SDRC, et retient les critères de Budapest comme outil diagnostique de référence chez l'adulte — en soulignant qu'aucun outil n'est validé chez l'enfant. Les examens complémentaires servent à écarter d'autres causes.

L'algoneurodystrophie est-elle reconnue comme un handicap ?

Cette fiche ne peut pas répondre pour un cas particulier. La reconnaissance d'un handicap est une décision administrative, fondée sur l'évaluation individuelle du retentissement fonctionnel et non sur le nom d'un diagnostic. Elle se prépare avec le médecin qui suit la personne et s'instruit auprès de la maison départementale des personnes handicapées.